Les graines de lin canadiennes sont prisées pour leur qualité constamment élevée. Cette qualité est déterminée par des teneurs élevées en huile et en iode, et par de faibles teneurs en eau et en acides gras libres et d'un faible niveau de mélange. Des mesures prises au cours des soixante-dix dernières années montrent que la teneur en huile a augmenté de 43,5 % (base sèche) en moyenne, entre 1937 et 1946, à plus de 44,7 % (base sèche) entre 1997 et 2006. L'indice d'iode est passé de 192 unités au cours de la décennie allant de 1975 à 1984 à 193 unités en moyenne au cours de la décennie allant de 1995 à 2004.
Cependant, les fluctuations d'une année à l'autre de la teneur en huile et de l'indice d'iode peuvent être associées aux variations des conditions atmosphériques entre les saisons de croissance. Les résultats à long terme découlant de l'enquête sur la récolte du LRG ont révélé que le temps chaud et sec durant la croissance tend à produire du lin à faibles teneurs en huile et en iode mais à teneurs élevées en protéines. Par exemple, les conditions extrêmes de sécheresse et de stress thermique qui régnaient en 1989, 2003 et en 2007 ont fait chuter les teneurs en huile et en iode pendant ces campagnes agricoles. Par contre, la saison de 2004 a été l'une des plus fraîches enregistrées depuis plus de cent ans, donnant ainsi une teneur élevée record en iode de 201 unités. En 2005, le mois de juin 2005 est égal au mois de juin 1953 comme le mois le plus humide enregistré en Saskatchewan au cours des quatre-vingt-dix dernières années, contribuant ainsi à la teneur élevée record de 46,2 % en huile dans les échantillons de lin cultivée dans l'Ouest canadien en 2005. La chute de la teneur en huile et de l’indice d’iode constatée durant l’enquête de 2007 témoignent du climat plus sec et chaud que la normale durant la croissance dans une grande majorité des régions du Sud de la zone de culture du lin.

Variations annuelles de la teneur en huile et l’indice d’iode dans la récolte et les exportations du lin entre 1940 et 2000.
La qualité moyenne des graines exportées est très semblable à celle des graines récoltées. Cependant, certaines années, les stocks de report considérables de graines de récoltes antérieures tendent à égaliser la qualité des graines exportées. Il faut noter qu’il y a rapport inverse prononcé entre les teneurs en huile et en protéines des échantillons de lin entier. De façon générale, les graines qui révèlent une faible teneur en huile produiront vraisemblablement une graine à forte teneur en protéines, ce qui pourrait être avantageux pour l’industrie du tourteau du lin. Les résultats de l’enquête sur la récolte de 2003 révèle le rapport typique entre les teneurs en huile et en protéines des échantillons de lin entier.

Ce nuage de points montre le rapport entre la teneur en huile et la teneur en protéines de la Graine de lin, Ouest canadien no 1. Ces résultats sont basés sur les échantillons recueillis durant l’enquête sur la récolte de 2003.
La participation active des sélectionneurs de végétaux dans le maintien et l'amélioration des normes de qualité constitue le principal facteur de la qualité supérieure des graines de lin canadiennes. Les lignes directrices actuelles visant l'inscription des cultivars de lin au Canada indiquent que la teneur en huile, l'indice d'iode et la teneur en protéines des nouveaux cultivars ne doivent pas présenter un écart négatif considérable par rapport à la variété Flanders*.
Une enquête menée sur les variétés de lin cultivées en 2007 dans l'Ouest canadien a révélé que les échantillons de lin des variétés CDC Bethune et Taurus présentaient les teneurs moyennes en huile les plus élevées des variétés provenant de la Saskatchewan. Quant aux échantillons provenant du Manitoba, la variété Lightning avait la teneur moyenne en huile la plus élevée. En 2007, au cours d'une année durant laquelle la récolte de lin a poussé dans des conditions nettement plus sèches et plus chaudes qu'au cours de l'année précédente, les échantillons de la variété Hanley provenant du Manitoba et les échantillons des variétés AC Watson, CDC Sorrel et Taurus provenant de la Saskatchewan avaient les indices d'iode moyens les plus élevés. L'emploi de la variété Flanders comme cultivar de référence pour déterminer la qualité lors des essais visant l'enregistrement des variétés a contribué à l'amélioration de la qualité des plus récents cultivars de lin. Norlin, le précédent cultivar de référence, figurait parmi les variétés affichant la teneur en huile la moins élevée.
Les résultats à long terme découlant de l'enquête sur la récolte du LRG ont révélé que le temps frais durant la croissance tend à produire du lin à teneurs élevées en huile et en iode mais à teneurs faibles en protéines. Bien que le stress environnemental provoqué par la chaleur ou la sécheresse fait normalement chuter les teneurs en huile et en iode, les cultivars ne réagissent pas tous au même degré.
| Variété1 | Province | Nbre d'échantillons | Teneur en huile2, % | Teneur en protéines3, % | Indice d'iode4, unités | Acide linolénique5 (C18:3), % |
|---|---|---|---|---|---|---|
| CDC Bethune | MB | 46 | 44,5 | 23,7 | 181 | 51,4 |
| Hanley | MB | 14 | 44,0 | 23,1 | 188 | 54,4 |
| Norlin | MB | 7 | 43,7 | 23,9 | 182 | 52,3 |
| Taurus | MB | 11 | 44,3 | 24,3 | 178 | 49,9 |
| Moy. | MB | 78 | 44,1 | 23,8 | 182 | 52,0 |
| AC Watson | SK | 13 | 44,6 | 24,1 | 187 | 54,0 |
| CDC Arras | SK | 11 | 46,6 | 22,5 | 186 | 54,7 |
| CDC Bethune | SK | 137 | 45,4 | 24,4 | 181 | 51,0 |
| CDC Sorrel | SK | 5 | 45,6 | 24,2 | 187 | 55,2 |
| Taurus | SK | 10 | 46,2 | 23,2 | 187 | 54,7 |
| Vimy | SK | 39 | 44,7 | 24,7 | 181 | 51,8 |
| Moy. | SK | 215 | 45,5 | 23,8 | 185 | 53,6 |
| CDC Bethune | Alberta | 3 | 44,3 | 25,7 | 181 | 51,0 |
1 telle
qu'indiquée sur les enveloppes
d'enquête sur la récolte
2 base sèche
3 N (azote) x 6,25; base sèche
4 calculé à partir de la
composition en acides gras
5 % de l'acide linolénique (C18:3)
dans l'huile
* Comité de développement des grains des Prairies, « Minimum Standards for Linseed Flax Cultivar Registration 2007 », p. 47 du Report of Flax Co-operative Test 2007
Dans le réseau canadien de manutention des grains, les livraisons des producteurs provenant de nombreux endroits sont regroupées, d'abord dans un silo de collecte, puis aux silos terminaux d'exportation. Ce processus a pour effet d'égaliser la qualité des graines de lin canadiennes. De cette façon, on réduit considérablement les écarts entre les fortes et faibles teneurs en huile et en protéines des échantillons livrés par les producteurs et des livraisons destinées à l'exportation.
| Livraisons des producteurs | Exportations | |
|---|---|---|
| Huile (en %) | 9,6 | 2,3 |
| Protéines (en %) | 10,0 | 2,6 |
| Indice d'iode | 20 | 6 |
| Grade | Teneur en huile | Teneur en protéines |
|---|---|---|
| Canada no 1 | 44,0 | 23,5 |
| Canada no 2 | 43,0 | 22,7 |
| Canada no 3 | 41,3 | 22,4 |
** Daun, J.K., Oilseeds Processing, chapitre D11, in Grains and Oilseeds, Handling, Marketing, Processing, vol. 11, Institut international du Canada pour le grain, Winnipeg, 4e édition, 1993, p. 891.
Le système canadien de classement visuel contribue également à assurer l'uniformité de la qualité des graines de lin. Celles-ci sont classées en fonction des dommages (surtout des grains brisés) et des mélanges, d'abord au silo de collecte puis de nouveau à leur arrivée et à leur départ des silos terminaux. Cela permet de séparer les graines de qualité inférieure de manière à obtenir un produit d'exportation plus uniforme. La teneur en huile et en protéines est plus faible dans les graines de lin de qualité inférieure.
Dans l'Ouest canadien, le lin est semé en mai ou au début de juin et récolté en septembre ou octobre. Au Canada, cette période correspond à l'été et au début de l'automne. La teneur en huile et l'indice d'iode sont plus élevés lorsque les températures sont plus fraîches et la photopériode*** plus longue au moment de la croissance. Les journées relativement longues sous les latitudes élevées de l'Ouest canadien (entre 49° N et 53° N) et ses étés relativement frais (17° C) produisent des graines de lin ayant une bonne combinaison d'huile et d'iode.
En guise de comparaison, dans le nord des États-Unis le lin pousse entre 42° et 49° de latitude Nord où les températures sont un peu plus élevées (20° C) alors qu'en Argentine le lin est cultivé dans une région située entre 32° et 38° de latitude Sud où la température moyenne est de 23,6° C.
En outre, au Canada, les graines de lin sont récoltées à l'automne, période habituellement sèche dans les Prairies. En général, il n'est pas nécessaire de faire sécher les graines dont la teneur en eau s'élève habituellement à 8 % au moment de leur stockage dans des cellules; cette teneur en eau est également typique des graines exportées. En raison de la faible teneur en eau au moment de la récolte, les grades supérieurs de graines de lin canadiennes ont en général de faibles teneurs en acides gras libres, soit environ 0,6 % de la teneur en huile.
*** Sosulski, F.W. et Gore, R.F. The Effect of Photoperiod and Temperature on the Characteristics of Flaxseed Oil. Canadian Journal of Plant Science 44 : 382-382, 1964.