Lutte chimique (insecticides) contre les insectes ravageurs du grain entreposé

Les insecticides sont de puissants outils de lutte contre les insectes. Il est donc important de bien lire et de respecter scrupuleusement les instructions inscrites sur l’étiquette afin de faire en sorte que le produit utilisé ne comporte aucun danger pour les travailleurs et les consommateurs et soit efficace contre les ravageurs ciblés. On peut consulter les étiquettes des insecticides homologués sur le site Web de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada.

Les insectes peuvent développer une résistance aux insecticides. L’utilisation répétée d’insecticides appartenant à la même classe chimique accroît le risque d’apparition d’une résistance chez les populations d’insectes ciblées. Il est donc recommandé de recourir à plus d’une méthode de lutte pour réduire ce risque.

Insecticides résiduels pour le traitement des structures

Les insecticides suivants peuvent être utilisés pour traiter les fissures et les anfractuosités dans les immeubles ou les cellules vides et autres enceintes d’entreposage :

  • malathion
  • pyréthrines
  • cyfluthrine
  • terre de diatomées
Photo d'assainissement d'insecticide chimique sur la surface intérieure d'une cellule en acier.
Assainissement d'insecticide chimique d'une cellule en acier.

Insecticides résiduels pouvant être appliqués directement sur le grain

Terre de diatomées

  • La terre de diatomées tue les insectes par déshydratation en absorbant la couche cireuse de leur cuticule.
  • Elle est plus efficace si elle est appliquée sur le grain sec durant le remplissage de la cellule au moment de la moisson.
  • Un traitement d’une durée de 6 semaines à une température supérieure à 20 °C est nécessaire pour obtenir une efficacité maximale.
  • La terre de diatomées peut diminuer le poids spécifique du grain. Une réduction du débit au moment de l’application de la terre de diatomées accroît la friction du grain.

Malathion

  • Le malathion tue les insectes en entravant le fonctionnement de leur système nerveux central.
  • Le malathion est plus efficace s’il est appliqué à l’état liquide ou sous forme de poudre au moment où le grain circule dans la vis à grain ou le convoyeur.
  • Son utilisation est homologuée pour le traitement des céréales mais pas pour celui des oléagineux.
  • Il faut vérifier que la formulation utilisée est homologuée pour le traitement direct du grain.
  • Toutes les formulations de malathion ne satisfont pas nécessairement à cette exigence d’homologation.
  • Le grain traité au malathion ne doit pas être vendu dans les sept jours suivant son traitement.

Phosphure d’aluminium (phosphine)

  • Le phosphure d’aluminium est généralement ajouté sous forme de comprimés ou de pastilles au moment du déchargement du grain par une vis à grain dans la cellule ou enfoncé dans la masse à l’aide d’une sonde une fois la cellule remplie; il peut également être appliqué à la surface du grain sous forme de ruban préemballé.
  • Pour que le traitement soit efficace, les structures doivent être bien étanchéifiées.
  • Le phosphure d’aluminium libère le gaz phosphine en réagissant avec l’eau dans l’air.
  • La température et la teneur en eau du grain influent tous deux sur l’efficacité du phosphure d’aluminium. Le grain ne doit pas être fumigé à une température inférieure à 5 °C et si sa teneur en eau est inférieure à 10 %.
  • Les œufs constituent le stade le plus résistant chez les insectes et requièrent une dose environ 20 fois plus élevée que les adultes et les larves.
  • Utilisée conformément au mode d’emploi figurant sur l’étiquette, la phosphine est efficace contre tous les stades de développement et tous les insectes ravageurs du grain entreposé.
  • Il est important d’exercer une surveillance durant la fumigation afin de faire en sorte que les concentrations de phosphine soit suffisantes pour tuer les insectes ciblés.
  • La phosphine est corrosive pour certains métaux (cuivre, laiton, argent et or) en présence de conditions de température et d’humidité élevées. En guise de précautions, il faut éloigner ou protéger le matériel comportant des composantes contenant de tels métaux (p. ex. moteurs électriques, filage et systèmes électroniques).
  • Des cas de résistance à la phosphine ont été signalés aux États-Unis et en Australie, et l’utilisation continue ou inadéquate de phosphine peut favoriser l’apparition d’une résistance chez les insectes ciblés.
Des pastilles de fumigant sont placées dans le grain entreposé en vrac à l’aide d’une sonde creuse.
Fumigation du grain entreposé à l’aide d’une sonde.

Phosphure de magnésium (phosphine)

  • Comme le phosphure d’aluminium, le phosphure de magnésium réagit avec l’eau présente dans l’air pour produire le gaz phosphine.
  • Le phosphure de magnésium libère de la phosphine plus rapidement que le phosphure d’aluminium.
  • Contrairement au phosphure d’aluminium, le phosphure de magnésium ne doit pas entrer en contact avec les denrées qui sont fumigées.
  • Le phosphure de magnésium est appliqué contenu dans des plaquettes, des sachets ou des rubans.
  • Le phosphure de magnésium est utilisé principalement pour la fumigation des structures vides ou des denrées protégées par une bâche.
  • Les mises en garde déjà énoncées relatives aux effets de la température et de l’humidité et de l’action corrosive de la phosphine pour certains métaux s’appliquent également au phosphure de magnésium.
  • Les structures doivent être parfaitement étanches pour que le traitement soit efficace.

Phosphine à l’état gazeux

  • L’utilisation de phosphine à l’état gazeux (gaz comprimé dans une bouteille) permet un calcul plus précis des doses à utiliser et accélère la fumigation (en comparaison des traitements réalisés avec les phosphures métalliques).
  • La fumigation est possible jusqu’à 0 °C, alors qu’elle est contre-indiquée à des températures inférieures à 5 °C dans le cas des phosphures métalliques.
  • Comme le phosphure d’aluminium, la phosphine à l’état gazeux est corrosive pour certains métaux.
  • Deux formulations sont disponibles : ECO2FUME® (prête à l’emploi) et VAPORPH3OS® (dilution requise avant l’emploi).

Dioxyde de carbone

  • Le dioxyde de carbone est appliqué sur le grain à l’état gazeux (gaz comprimé dans une bouteille).
  • Les structures doivent être bien étanchéifiées pour que le traitement soit efficace.
  • La dose doit être maintenue à 60 % pendant 4 jours à des températures comprises entre 20 et 25 °C. Pour de plus amples renseignements sur les doses à utiliser, consulter le mode d’emploi sur l’étiquette.

Bromure de méthyle

  • La fumigation au bromure de méthyle peut être utilisée comme traitement préalable à l’expédition et à la quarantaine des denrées destinées à l’exportation et à l’importation.
  • Le trogoderme des grains (Trogoderma granarium) est le seul insecte de quarantaine associé au grain entreposé. La fumigation au bromure de méthyle est également utilisée au Canada comme traitement préalable à l’exportation ou à l’importation contre plusieurs autres insectes ravageurs non associés au grain qui infestent le bois ou d’autres denrées.
  • Anciennement, le bromure de méthyle était couramment utilisé pour la fumigation des minoteries, des structures et du grain à des fins de lutte contre les insectes ravageurs associés au grain entreposé, mais cette pratique a depuis été presque complètement abandonnée par suite des restrictions imposées en vertu du Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone.

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