Commission canadienne des grains
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La détérioration et l’échauffement des produits agricoles entreposés



Chapitre 7 – Sécurité

Instruction et formation

Des installations d’entreposage exploitées par les responsables expérimentés et un personnel entraîné sont généralement des endroits où l’on peut travailler en toute sécurité. Cependant, en raison des risques qui existent, des personnes mal informées peuvent s’exposer et en exposer d’autres à certains dangers. Il est donc de la plus grande importance que toutes les personnes qui travaillent à plein temps ou à temps partiel pour des entrepreneurs soient parfaitement au courant des dangers qui existent dans l’installation ou dans la ferme. Une attention spéciale doit être portée aux enfants qui travaillent dans les fermes ou qui sont en visite.

Le personnel à plein temps a besoin d’une formation en équipe, afin d’être capable de traiter les problèmes courants, mais qui comportent certains risques; il doit pouvoir appliquer des directives de secours d’urgence, traiter les cas d’urgence en collaboration avec les ambulanciers et les pompiers locaux et guider le personnel à temps partiel et les entrepreneurs dans l’application des pratiques de sécurité. Les responsables doivent être au courant des plus récentes méthodes de sécurité et de toutes les nouvelles méthodes de gestion de la sécurité, et les porter à l’attention du personnel. Les responsables doivent donner des directives de sécurité très strictes au personnel et aux entrepreneurs de l’extérieur, en particulier, les soudeurs, et appliquer avec rigueur une politique de non-admission des visiteurs occasionnels, comme les mariniers qui attendent de décharger leurs navires. Plus important encore, le responsable ou le superviseur doit être personnellement avisé avant l’entrée de toute personne à l’intérieur des silos et de nouveau quand le travail est achevé et que tous les travailleurs sont à l’air libre et en sécurité (Conseil national de sécurité, 1962). Pour obtenir de plus amples détails sur la sécurité dans les élévateurs à grains et les moulins d’aliments pour les animaux, voir le National Institute for Occupational Safety and Health (1983).

Vêtements de protection

Il faut porter des vêtements ajustés de façon à éviter d’être pris dans des courroies de transmission, dans des augets ou des saillies à la surface de silos. Il faut aussi porter des bottes résistantes mais flexibles, protégeant contre l’écrasement et la pénétration. On doit disposer de différents modèles de masques et de respirateurs ainsi que de filtres de rechange. On doit les utiliser de façon régulière car la poussière des installations de traitement de grains et de fourrage risque de poser de graves problèmes de santé. Wilkins (1984) décrit les principaux modèles de respirateurs qui sont utilisés par les producteurs de bétail pour réduire l’exposition à la poussière des étables. Ne jamais entrer dans un silo qui contient du grain en mauvais état, à moins de porter un dispositif de respiration approprié, car le grain avarié risque de produire des gaz toxiques. De même, il ne faut jamais pelleter du grain moisi pour le sortir d’un silo sans porter un masque et prendre de fréquents repos à l’air frais. L’exposition aux spores contenues dans le grain moisi peut avoir des effets à long terme (Manfreda et Warren, 1984). On doit se renseigner et acheter l’équipement de protection le plus récent: à long terme, c’est un achat avantageux.

Dangers

Suffocation

Au cours des dernières années, le nombre de cas de suffocations ou asphyxies dans des silos de grains a augmenté aux États-Unis, en raison de l’accroissement de la taille des installations dans les fermes, de l’accroissement de la mécanisation et du manque de connaissances de la manutention des grains et des précautions de sécurité, ainsi que pour d’autres raisons (University of Kentucky, 1984). Cinquante-et-un cas de suffocation se sont produits dans des silos de ferme au Nebraska et en Indiana entre 1970 et 1979. Aux États-Unis, de 1979 à 1981, (tableau 9) sur 126 cas de décès survenus dans 105 incidents sélectionnés dans des installations de manutention du grain, 33 décès ont été causés par la suffocation (tableau 9) (Cloe, 1983).

Tableau 9 – Causes des décès survenus dans des élévateurs, minoteries et autres installations de traitement du grain (incidents sélectionnés) (Cloé, 1983)
Type d’accidents Nombre d’incidents Nombre de décès
* Cas sélectionnés rapportés par l’Occupational Safety and Health Administration (OSHA), Washington, D.C., entre 1977 et 1981
Suffocation dans le grain 32 33
Explosion/feu 18 37
Chutes 19 19
Électrocution 12 13
Effondrement de structures 7 7
Personnes prises dans des augets/convoyeurs 6 6
Personnes écrasées entre des surface 4 4
Vapeurs dangereuses 2 2
Personnes prises dans la machinerie 2 2
Noyades 2 2
Personnes écrasées par camions de grains 1 1
Total 105* 126

Les suffocations se produisent lorsque des personnes se trouvant à l’intérieur d’un silo sont englouties par le grain qui s’écoule au cours d’une opération de déchargement par l’auget inférieur ou par des méthodes de déchargement par gravité. Certains grains comme ceux du lin ou du millet sont comme du sable mouvant et une personne risque de s’enfoncer rapidement sous son propre poids; la situation est encore pire avec des produits en écoulement (Conseil national de sécurité, 1962). Des personnes qui se trouvent dans des réservoirs de produits humides en train de se vider par gravité dans des séchoirs à grains à lots automatiques peuvent facilement être englouties en cours de rechargement du séchoir avec du grain humide. Certains ouvriers sont morts par suffocation à la suite d’une chute dans des espaces vides comme il s’en produit fréquemment, sous des formations de ponts de grains (fig. 15). Ils ont été englouties sous des masses de grains moisis qui se sont effondrées sur eux; d’autres ont respiré des gaz toxiques produits par des grains avariés (University of Kentucky, 1984). Des cas de suffocation provenant d’une défaillance du diaphragme peuvent également se produire sous l’action des vapeurs de soudure à l’intérieur des silos en réparation (Broadhurst, 1985).

Risques créés par la formation de ponts

Figure 15 – Risques créés par la formation de ponts: A, du grain moisi provoque la formation de ponts avant déchargement; B, un espace vide se forme à mesure que le chargement commence; C, l’espace vide demeure après l’arrêt du déchargement (d’après University of Kentucky, 1984).

On peut éviter les cas de suffocation en observant les mesures suivantes :

  • Installer des échelles à l’intérieur des silos.
  • Prévoir des harnais et des cordes de sécurité.
  • Prévoir de longues tiges et des râteaux pour briser les croûtes de grains.
  • Acheter un système de respiration autonome.
  • Apprendre comment débrancher le système électrique d’un silo.
  • Établir un plan d’action pour se porter au secours des ouvriers en difficulté dans un silo.
  • Ne jamais entrer dans un silo hermétiquement fermé sans y faire entrer d’abord un jet d’air frais.
  • Ne jamais marcher dans des grains de lin ou de millet.
  • Ne jamais entrer dans un silo contenant du grain avarié sans porter un appareil de respiration autonome.
  • Ne jamais entrer dans un silo sans fermer le courant électrique des systèmes du silo.
  • Briser les croûtes et les ponts au moyen d’une barre ou d’un râteau sans pénétrer dans le silo.
  • Briser les croûtes et les ponts en utilisant un appareil à air comprimé (fig. 12) sans pénétrer dans le silo.
  • Ne jamais entrer dans un silo sans être attaché par un harnais ou une corde de sécurité. De plus, il faut être ancré à une deuxième personne. Une troisième personne doit être prête à intervenir ou à demander du secours (fig. 16).
  • Se rapprocher immédiatement de la paroi si le grain commence à s’écouler.
  • Fermer les panneaux des trous d’homme situés au sommet des silos vides.
  • Utiliser les sellettes avec prudence, en ne travaillant qu’au-dessus des adhérences (fig. 12).

Enquête menée par trois personnes (dans un souci de sécurité) sur une cellule douteuse

Figure 16 – Enquête menée par trois personnes (dans un souci de sécurité) sur une cellule douteuse: A, la personne qui se trouve à l’intérieur est reliée à l’extérieur de la cellule; B, la personne qui se trouve sur le toit transmet les instructions et aide à soulever; C, la personne qui se trouve en bas aide à tirer ou va chercher du secours (d’après University of Kentucky, 1984).

Voici un exemple qui illustre bien la difficulté de retirer du grain des personnes qui y sont emprisonnées. Dans l’Ouest canadien, un sauveteur avait découpé un trou de 30 cm sur le côté d’un silo contenant des céréales échauffées qui devaient être déchargées au moyen de l’auget. Peu après un travailleur inexpérimenté fut porté disparu. On le trouva enfoui jusqu’aux épaules dans le grain du silo. L’auget a été immédiatement arrêté et cinq hommes munis de pelles essayèrent, sans succès, d’extraire l’homme en difficulté. En dernier secours, il fallut attacher une corde autour de la taille de l’homme et la fixer solidement au toit. L’auget a été alors remis en marche de façon à abaisser le niveau du grain, et finalement l’ouvrier a été retiré sain et sauf (E. Dorge, communication personnelle, 1986).

Gaz toxiques

L’exposition aux gaz toxiques, qui se forment en cours d’entreposage des produits ou des sous-produits agricoles, a entraîné de nombreux cas de décès parmi les familles des fermiers et leurs employés au cours des dernières années. Le dioxyde d’azote (NO2), le monoxyde de carbone (CO), et le dioxyde de carbone (CO2) sont des gaz qui se dégagent le plus souvent en cours de manutention des produits entreposés tandis que le sulfure d’hydrogène (H2S), l’ammoniac (NH3) et le CO2 se produisent en cours d’entreposage des purins (tableau 10) (Agriculture Canada, 1979). On trouve également du méthane (CH4), extrêmement inflammable (Broadhurst, 1985). Quant au cyanure d’hydrogène (HCN), qui se produit en cours d’entreposage des graines de lin moisies, il est absorbé directement par la peau et peut entraîner la mort (Western Producer, 1977).

Tableau 10 – Gaz toxiques rencontrés dans des installations d’entreposage (Agriculture Canada, 1979)
Gaz toxique Formule chimique Densité Toxicité Inflammabilité (% par vol. dans l’air) Description Sources
Dioxyde d’azote (gaz de silo) NO2 1,58 (plus lourd que l’air) 5 ppm (extrêmement toxique) Rougeâtre a certaines oncen-trations, odeur d’eau de javel Sous-produits des premiers stades de la fermentation des fourrages en silo.
Monoxyde carbone CO 0,96 50 ppm 12-72 % (très inflammable) Incolore, inodore Sous-produits de la combustion incomplète des matières carbonées, se développe dans les matières en cours d’échauffement et dans les feux
Dioxyde de carbone CO2 1,53 (plus lourd que l’air) 5000 ppm Incolore, inodore Produit de la respiration; se développe dans les silos de grains et de nourriture du bétail, les silos à limitation d’oxygène et dans les systèmes contenant du purin.
Sulfure d’hydrogène H2S 1,19 10 ppm 4-50 % Odeur suffocante, inodore Se forme dans les systèmes contenant du purin, se produit en cours de digestion anaérobie sans surveillance des substances organiques.
Ammoniac NH3 0,60 25 ppm 10-30 % Odeur suffocante, inodore Sous-produits de la putréfication se formant dans le purin.

Le dioxyde d’azote, qui est produit dans certaines conditions par des matières vertes comme du maïs haché ensilé, est extrêmement toxique; à forte concentration, il a une coloration caractéristique, rougeâtre ou jaune, qui apparaît quelquefois à la surface des produits. À faible concentration, il est incolore et inodore, mais tout aussi mortel. Le dioxyde d’azote peut se développer au cours des 6 premières heures qui suivent la mise en place des matières dans le silo, tandis que la période la plus dangereuse s’étend entre 12 et 60 heures après le remplissage. Normalement, le gaz prend de 3 à 6 semaines pour se dissiper, mais sans ventilation, il peut rester sur place indéfiniment (Jonas, 1979). Lorsqu’il est inhalé, il entre en réaction avec l’eau qui se trouve dans l’appareil respiratoire pour produire des acides qui brûlent la bouche, le nez, la gorge et les poumons. Les premiers symptômes sont souvent une sensation de brûlure et la toux. L’inhalation de NO2 peut provoquer la maladie des remplisseurs de silo ou la pneumonie au dioxyde d’azote (Grayson, 1957).

Le monoxyde de carbone est presque aussi toxique que le NO2, car il est incolore, donc visuellement indétectable, et il se produit en cours d’ensilage ainsi qu’au cours de la combustion incomplète des matières pendant les incendies. Il a également été détecté dans du lin de catégorie échantillon et dans des graines de soja en cours d’échauffement (Ramstad et Geddes, 1942). L’exemple suivant illustre la façon dont le CO peut provoquer un danger immédiat en cours d’opération de lutte contre le feu (Reanney, 1969). Un pompier qui combattait un incendie dans la cale d’un navire s’était rendu dans une cale adjacente vide pour examiner les cloisons. Parce que cette cale vide ne présentait absolument aucune trace de fumée ni de chaleur, il avait omis de porter un appareil respiratoire. En la traversant, le pompier s’est senti soudainement mal. Heureusement on se porta rapidement à son secours. La cause de cet accident a été attribuée à une poche de CO provenant d’une fuite à travers des fentes dans la cloison de la cage voisine où se trouvant le feu. En raison du danger que présentent le CO et autres gaz, il est donc indispensable de porter un appareil respiratoire lorsqu’on se rend dans des espaces clos proches d’un incendie.

Le dioxyde de carbone (CO2) est incolore, relativement moins toxique que le NO2 et le CO à faible concentration, mais à des concentrations élevées, il peut être mortel. Il est souvent produit par la respiration des grains, les moisissures et les insectes dans les grains et les aliments pour le bétail, dans les silos à limitation d’oxygène et en cours d’ensilage de matière vertes.

On peut éviter les empoisonne-ments par gaz toxiques au moyen des précautions suivantes :

  • Surveiller les niveaux de NO2, CO2 et de CO dans les silos au moyen d’un système de tubes en plastique, de seringues hypodermiques et de tubes de Dräger (fig. 9) (Wilkins, 1985a).
  • Se rappeler qu’il ne faut jamais entrer dans des silos à limitation d’oxygène, dans des réservoirs à grains et à aliments pour le bétail contenant du grain avarié, sans porter un appareil respiratoire autonome, un harnais relié à une corde et sans l’assistance de deux personnes entraînées.
  • Rappeler aux membres de sa famille ainsi qu’aux travailleurs de la ferme des dangers du NO2 dans les silos, qui se présentent chaque année à la moisson.
  • Rappeler que le NO2 est plus lourd que l’air et qu’une porte ouverte à proximité de la surface du produit ensilé risque de permettre au gaz de descendre le long de la glissière dans la chambre inférieure. Du bétail a trouvé la mort lorsqu’une porte reliant le silo à l’étable resta ouverte un certain temps. Dans un autre cas, des hommes qui montaient le long de l’échelle de la glissière ouvrirent une porte au-dessus de leur tête; ils ont succombé sous l’action du gaz qui s’était écoulé en descendant le long de la glissière. Par conséquent, il faut toujours fermer la porte qui relie l’étable à la pièce qui contient le fourrage, et toujours ouvrir les portes et fenêtres de cette dernière pièce de façon à laisser l’air frais pénétrer dans la glissière (Jonas, 1979).
  • Toujours ventiler avec soin, avant d’y entrer, les silos contenant des fourrages récemment moissonnés.
  • Au moyen d’un ventilateur, chasser les gaz toxiques que l’air des silos peut contenir.

Voici un autre exemple qui illustre bien les dangers que présentent les gaz toxiques dans les fermes (Jonas, 1979).

Dans un ferme de l’Ontario, un jeune homme de 17 ans était entré dans un silo vertical de 12 m sur 3,6 m dans lequel quatre chargements de maïs haché qui contenaient de fortes quantités de nitrate avaient été placés 6 heures auparavant. Après moins de 5 minutes alors qu’il était en train d’aplanir le maïs dans le silo, il se sentit étourdi. Il sortit du silo et commença à se sentir faible et à avoir la nausée. Puis il se mit à délirer, à vomir et à se plaindre de suffocation. Bien qu’il n’ait ni vu ni senti le gaz toxique, son sang contenait un niveau de dioxyde d’azote presque mortel. Un an encore après l’accident, il souffrait des effets secondaires de cette intoxication: il se sentit vite fatigué et, durant les journées humides, il ressentait des brûlures aux poumons, au nez et à la gorge; son odorat commença à revenir, mais le sens du goût lui manquait toujours. Il devait prendre soin d’éviter les endroits poussiéreux car son nez avait perdu les poils qui permettent de retenir des particules nuisibles. Il s’étouffait encore fréquemment en s’alimentant. Les radiographies montraient que ses poumons étaient aussi encrassés que ceux d’un homme qui aurait fumé pendant 90 ans. On considéra qu’en raison de sa jeunesse, les dommages s’atténueraient probablement avec le temps.

Fumigants

Au Canada, on utilise des phosphures d’hydrogène (phosphine), produits à partir de phosphure d’aluminium et de magnésium, pour lutter contre les infestations des produits entreposés par les insectes. Dans les cales vides des navires et dans les moulins, on utilise le bromure de méthyle. Généralement, ce sont des professionnels qui effectuent les fumigations. Les responsables d’élévateurs, le personnel qui s’occupe des wagons, des usines ou des navires doivent être au courant des effets toxiques et du comportement des produits utilisés en fumigation sur leurs lieux de travail (par exemple, leur réaction avec l’eau et leur pénétration dans les espaces adjacents). Ils doivent connaître aussi les mesures de secourisme à appliquer en situation d’urgence. Des empoisonnements se sont produits dans des élévateurs à grains lorsque des travailleurs sont entrés dans des fosses ou des silos ayant subi une fumigation 1 à 2 semaines auparavant ou sur des navires où ces produits s’étaient écoulés d’un chargement traité dans les compartiments des passagers. Davis et Barrett (1986) ont donné un résumé du déroulement d’un programme de fumigation à bord d’un navire en transit aux États-Unis ainsi que des mesures de sécurité: normalement, on aère les cales qui ont subi une fumigation au port de débarquement en ouvrant tous les panneaux d’écoutille. Toutes les 30 minutes, on vérifie à un mètre les concentrations de gaz de fumigation au-dessus de la surface du grain, jusqu’à ce qu’elles soient égales ou inférieures à 0,3 ppm. À ce moment, le grain peut être déchargé sans danger, soit par aspiration, soit au moyen d’une benne.

Les empoisonnements par gaz de fumigation peuvent être évités en prenant les mesures suivantes:

  • Se rappeler que les gaz et les vapeurs de la fumigation peuvent se répandre jusqu’aux habitations voisines.
  • Pratiquer des fumigations au cours d’une journée sans vent.
  • Placer des panneaux d’avertissement bien en vue sur les installations ou les stocks traités par fumigation.
  • Ne jamais travailler seul.
  • Pour ouvrir les écoutilles, les portes et les fenêtres après une fumigation, porter de préférence un appareil respiratoire autonome.
  • Changer la cartouche des masques à gaz à chaque utilisation.
  • Surveiller les niveaux de phosphine et de bromure de méthyle au moyen d’un tube de Dräger ou autre dispositif.
  • Éviter d’utiliser de l’eau sur des matières ayant subi une fumigation à la phosphine, sinon des quantités supplémentaires de phosphine peuvent être produites.

Dans Bond (1984), on trouvera une description détaillée de la lutte contre les insectes par la fumigation, ainsi que des mesures de sécurité recommandées.

Feux et explosions

Les feux et explosions peuvent être dangereux pour le personnel des installations qui se trouve sur place, mais aussi, par une modification de l’environnement, pour les pompiers et les sauveteurs. Afin de limiter les risques, ils doivent être au courant du genre de denrées en question, afin de choisir les moyens appropriés pour éteindre le feu (mousse, eau, sable, CO2) ainsi que les appareils respiratoires convenables. Ils doivent également demander s’il y a des bouteilles de gaz, des produits chimiques ou autres substances dangereuses. De même les opérateurs chargés de la récupération doivent être avertis qu’il y a peut-être des bouteilles de gaz qui sont encore dans les ruines. On doit les mettre en garde contre l’affaiblissement des structures, par exemple les murs qui risquent, si on les frappe, de libérer des volumes importants de matières brûlantes.

On sait que les feux et les explosions se produisent fréquemment dans les silos verticaux contenant de l’herbe ou du foin ensilé (Koegel et Bruhn, 1971). Les pompiers qui luttent contre de tels incendies doivent être conscients du risque d’explosion. Campbell (1973) décrit la suite d’événements qui ont conduit à l’explosion d’un silo partiellement rempli, du modèle qui se décharge par le bas, et contenant du foin ensilé, brûlant sans flamme: ce type de feu qui couve en profondeur produit un mélange de dioxyde de carbone et de monoxyde de carbone inflammable. Comme à l’habitude, les pompiers se dirigèrent vers le sommet du silo à une hauteur de 18 m au-dessus du niveau du sol; ils ouvrirent le panneau et dirigèrent un jet d’eau et de mousse dans le foin incandescent, introduisant ainsi une certaine quantité d’air dans le silo. Les éléments nécessaires à une explosion étaient donc tous réunis: un gaz inflammable et de l’oxygène dans un réservoir fermé. Une étincelle jaillissant probablement d’une braise incandescente déclencha l’explosion (Campbell, 1973). Aujourd’hui, les directives de lutte contre l’incendie sont beaucoup plus sûres (voir la section sur les silos verticaux). Dans Campbell (1973) et Singley (1968), on trouvera la description des explosions qui se produisent dans des silos contenant du fourrage. Boumans (1985) décrit les effets des explosions de poussière dans les silos contenant des grains et des produits des grains ainsi que les méthodes qui permettent de prévenir et de se protéger des explosions. Aldis et Lai (1979) ont passé en revue les publications qui traitent de l’ingénierie relative aux explosions de poussières de grain. Pour les méthodes d’enquête sur les incendies et les explosions, se reporter au chapitre 8.

Enfin, le Conseil national de sécurité (1962) donne un excellent résumé des mesures de sécurité à employer lorsqu’on a à travailler dans des silos de grains et d’aliments pour bétail dans divers types de réservoirs, des wagons citernes de produits alimentaires et des réservoirs qui servent à entreposer des liquides.