Commission canadienne des grains
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Importance de l'ergot

Par Penny Pearse, Spécialiste des maladies des plantes
Agriculture et Alimentation Saskatchewan
le 7 septembre 1999, révisée le juin 2006

Reproduit avec l’autorisation d’Agriculture et Alimentation Saskatchewan.

L'ergot en soi-même ne provoque habituellement pas de fortes baisses de rendement, mais il peut contribuer à des pertes économiques dues au rejet ou au déclassement du grain au silo de collecte (tableau 1). La raison du faible seuil permis est que les sclérotes d'ergot contiennent de nombreux alcaloïdes, composés chimiques toxiques qui demeurent actifs même après la transformation du grain pour la consommation humaine (p. ex., en farine) ou pour l'alimentation du bétail. Ces alcaloïdes sont toxiques pour les humains et pour les animaux.

L'ergotisme est une intoxication due à l'ingestion d'aliments ou de moulée contenant des ergots. Chez les humains, les cas d'ergotisme sont aujourd'hui rares, en raison des très faibles seuils fixés pour la présence de sclérotes d'ergot dans le grain. L'empoisonnement à l'ergot provoqué par l'ingestion de farine de seigle était fatal au Moyen-Âge. Les symptômes comprenaient un ralentissement de la circulation sanguine, qui provoquait l'alternance d'une sensation de grande chaleur et de grand froid, puis de la gangrène aux extrémités du corps. L'empoisonnement à l'ergot était appelé maladie de St-Antoine. Des convulsions nerveuses se produisaient parfois et pouvaient entraîner la mort. Les risques de contamination à l'ergot dans la farine ou dans les produits à base de grain fabriqués dans des établissements commerciaux sont très faibles. Par contre, il est fortement conseillé de vérifier rigoureusement les céréales cultivées et utilisées directement à la ferme, afin de s'assurer qu'elle ne contiennent pas d'ergot.

Les cas d'ergotisme sont encore assez courants dans les fermes où les animaux ingèrent de la moulée à base de grain contaminé. Les symptômes comprennent un état piteux, la perte des extrémités du corps à cause de la gangrène, des avortements, des crises et parfois la mort. L'ingestion de moulée contenant des doses insuffisamment élevées pour causer la mort peut néanmoins donner lieu à des problèmes de croissance et de rendement, de perte de production de lait et de perte d'appétit. Ces symptômes moins graves disparaissent lorsque les animaux cessent d'ingérer de la moulée contaminée. Tous les animaux ne réagissent pas de la même manière à l'ergotisme. Les jeunes animaux et les femelles en gestation sont considérés très sensibles. Pour les bovins de boucherie, le seuil actuellement recommandé ne doit pas dépasser 0,1 % d'ergot (selon le poids) par rapport à la quantité de matière sèche ingérée par jour.

À une certaine époque, des compagnies pharmaceutiques ont utilisé certains constituants chimiques présents dans l'ergot pour mettre au point des médicaments à administrer lors de l'accouchement ainsi que pour calmer les migraines et empêcher les hémorragies. Aujourd'hui, ces dérivés chimiques sont produits à partir d'alcaloïdes de synthèse. Les alcaloïdes présents dans l'ergot sont aussi très similaires à ceux que l'on retrouve dans le stupéfiant appelé LSD.