Évaluation du Programme d’échantillons de récolte - Constatations de l’évaluation

Constatations de l’évaluation

Pertinence

Harmonisation avec les rôles, responsabilités et priorités du gouvernement fédéral et avec le résultat stratégique de la Commission canadienne des grains

Bien que le Programme d'échantillons de récolte ne soit pas prescrit par la Loi sur les grains du Canada, les activités et extrants du programme appuient les responsabilités législatives majeures de la Commission canadienne des grains. Le programme est harmonisé avec les priorités du gouvernement fédéral qui visent à assurer la croissance, la compétitivité et la durabilité du secteur agricole et avec le résultat stratégique de la Commission canadienne des grains, à savoir que « Les grains du Canada sont salubres, fiables et commercialisables, et les producteurs de grains canadiens sont protégés ». Le programme soutient aussi la nouvelle priorité organisationnelle de la Commission canadienne des grains, qui est d'« investir dans les relations avec les intervenants », telle qu'elle est énoncée dans son Rapport sur les plans et priorités de 2015 à 2016.

Harmonisation avec les rôles et responsabilités du gouvernement fédéral

Les rôles et responsabilités de la Commission canadienne des grains sont inscrits dans la législation fédérale par l'intermédiaire de la Loi sur les grains du Canada. Le mandat de la Commission canadienne des grains, tel qu'énoncé dans la Loi, est « de fixer et de faire respecter, au profit des producteurs de grains, des normes de qualité pour le grain canadien et de régir la manutention du grain au pays afin d'en assurer la fiabilité sur les marchés intérieurs et étrangers ». La Commission canadienne des grains a le pouvoir et la responsabilité de faire respecter des normes concernant 20 types de grains cultivés au Canada et d'en régir la manutention, afin de s'assurer que les grains du Canada sont salubres, fiables et commercialisables, et que les producteurs de grains canadiens sont dûment rémunérés pour les livraisons de grains aux entreprises céréalières agrééesNote de bas de page 1.

Bien que le Programme d'échantillons de récolte ne constitue pas une responsabilité mandatée en vertu de la Loi sur les grains du Canada, l'enquête de base sur les récoltes et les activités de recherche connexes menées à l'aide des échantillons recueillis appuient directement les responsabilités fédérales suivantes de la Commission canadienne des grains :

  • recommander et établir des grades et des normes de grains, et mettre en œuvre un système de classement et d'inspection des grains canadiens qui reflète adéquatement la qualité de ces grains et qui répond à la nécessité d'une commercialisation efficiente au pays et à l'étranger;
  • mener, parrainer et promouvoir la recherche sur les grains et les produits à base de grainNote de bas de page 2.

Harmonisation avec les priorités du gouvernement fédéral et avec le résultat stratégique de la Commission canadienne des grains

Les objectifs du Programme d'échantillons de récolte sont en harmonie avec les priorités fédérales qui visent à assurer la croissance, la compétitivité et la durabilité du secteur agricole canadien. L'objectif du programme qui vise à aider l'industrie céréalière à commercialiser les grains du Canada concorde avec les priorités énoncées dans le budget de 2015 pour promouvoir les possibilités commerciales du secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire, et pour faire la promotion des produits agricoles et agroalimentaires canadiens partout dans le mondeNote de bas de page 3. Les objectifs du programme visent à accroître la confiance des intervenants à l'égard de la qualité, des facteurs de classement et des caractéristiques des grains canadiens, et à améliorer les connaissances des producteurs afin que ceux-ci puissent mieux commercialiser leurs récoltes. Ces objectifs sont harmonisés avec les priorités fédérales pour le libre choix des producteurs de grains et d'orge de l'Ouest en matière de commercialisation, à la suite de la transition de la Commission canadienne du blé telle que mentionnée dans le budget de 2013Note de bas de page 4 et dans le discours du Trône de 2011Note de bas de page 5.

Les objectifs du Programme d'échantillons de récolte sont aussi étroitement harmonisés avec le résultat stratégique de la Commission canadienne des grains, à savoir que « Les grains canadiens sont salubres, fiables et commercialisables, et les producteurs de grain canadiens sont protégés »Note de bas de page 6. Comme il a été décrit plus haut, grâce à son appui des activités des programmes de recherches sur la qualité des grains et d'assurance de la qualité, le Programme d'échantillons de récolte contribue à la mise sur pied et au maintien de normes de qualité ainsi qu'à la réglementation de la manutention des grains au Canada. Les extrants du programme (c.-à-d. les rapports annuels sur la qualité des récoltes ainsi que les grades non officiels et les évaluations de la qualité fournis aux producteurs) favorisent la commercialisation des grains canadiens auprès des consommateurs canadiens et étrangers, et font en sorte que les producteurs connaissent bien la qualité de leurs grains afin de pouvoir prendre des décisions de commercialisation éclairées. Les grades non officiels et les évaluations fournis aux producteurs participants contribuent à la protection de ces derniers, car ils offrent un point de comparaison grâce auquel les producteurs peuvent évaluer les offres des acheteurs.

Enfin, le Programme d'échantillons de récolte soutient la nouvelle priorité organisationnelle de la Commission canadienne des grains, qui est d'« investir dans les relations avec les intervenants », comme il est mentionné dans le Rapport sur les plans et priorités de 2015 à 2016Note de bas de page 7. La Commission canadienne des grains vise à promouvoir ses activités et services afin de mieux faire connaître aux intervenants le rôle de l'organisation dans le secteur des grains. Il faut faire connaître la valeur des activités de la Commission canadienne des grains (dont le système de classement), du Programme d'échantillons de récolte, des activités de recherche, des rapports statistiques et des efforts déployés pour conserver et accroître l'accès aux marchés internationaux, afin de s'assurer que la pertinence et la valeur de ses services sont reconnues par l'industrie et les producteurs, lesquels contribuent de façon considérable au financement de la Commission canadienne des grains.

Nécessité de la poursuite du programme

La nécessité de poursuivre le Programme d'échantillons de récolte est considérable. Les échantillons obtenus sont essentiels au soutien des objectifs et activités des programmes de recherches sur la qualité des grains et de l'assurance de la qualité. Le Programme d'échantillons de récolte est la principale, sinon la seule source, de matériel d'échantillons pour de nombreux employés du programme de recherches sur la qualité des grains. Les échantillons du programme sont idéaux pour la recherche étant donné qu'il s'agit d'échantillons purs et non mélangés avec ceux d'une origine géographique différente, et qui sont obtenus directement des producteurs se trouvant au début de la chaîne d'approvisionnement. Alors que la demande intérieure est restée constante en grande partie, des changements survenus dans le régime de commercialisation du grain et le passage à un libre marché pour le blé et l'orge de l'Ouest canadien ont fait augmenter la demande pour les extrants du Programme d'échantillons de récolte parmi de nombreux bénéficiaires externes. L'utilisation que les bénéficiaires externes font des rapports annuels gratuits sur la qualité des récoltes de la Commission canadienne des grains est importante et en croissance.

Demande intérieure pour le Programme d'échantillons de récolte

Des documents du programme et des entrevues menées auprès de 26 employés et gestionnaires de la Commission canadienne des grains montrent que le Programme d'échantillons de récolte est une source essentielle de matériel d'échantillons pour les programmes de recherches sur la qualité des grains et de l'assurance de la qualité de la Commission canadienne des grains. La quasi-totalité des employés et gestionnaires de la Commission canadienne des grains interrogés (92 %) ont attribué une cote de 5 à la nécessité du programme sur une échelle de 1 à 5, ce qui représente un besoin interne majeur. Les représentants de la Commission canadienne des grains ont expliqué que les échantillons obtenus par l'entremise du programme permettaient à la Commission canadienne des grains d'assumer les responsabilités mandatées par le gouvernement fédéral, notamment l'élaboration de normes de classement visuel ainsi que le suivi et la vérification des facteurs de classement par la division des Services à l'industrie, et les programmes de recherche sur les conditions environnementales et d'autres projets spéciaux entrepris par le programme de recherches sur la qualité des grains. Certains employés et gestionnaires du programme de recherches sur la qualité des grains ont expliqué que le Programme d'échantillons de récolte était la principale, sinon la seule source de matériel d'échantillons pour leurs travaux de recherche, étant donné que celui-ci recueillait des échantillons purs et non mélangés avec ceux d'une origine géographique différente, et obtenus directement des producteurs qui se trouvent au début de la chaîne d'approvisionnement. D'autres sources de matériel comme les échantillons prélevés de cargaisons, les échantillons de sélectionneurs et les échantillons composites obtenus des silos à grains, des associations de producteurs ou d'autres intervenants ne conviendraient pas étant donné les besoins de la Commission canadienne des grains en matière de recherche.

Participation des producteurs au Programme d'échantillons de récolte

La figure ci-après illustre le nombre d'inscriptions à la base de données des producteurs du Programme d'échantillons de récolte entre 2011 et 2015. En 2011, 7 197 producteurs ont reçu une trousse par la posteNote de bas de page 8, ce qui représente 14 % des 52 410 exploitations productrices de céréales et d'oléagineux au Canada dont le revenu agricole brut se chiffre à 25 000 $ ou plusNote de bas de page 9 Note de bas de page 10. Les rapports sommaires internes d'enquête sur les récoltes indiquent qu'entre 2011 et 2014, une moyenne de 320 nouveaux producteurs s'était ajoutée, et que 80 producteurs inactifs ont été supprimés chaque année de la base de données des producteurs. Un important nettoyage de cette base de données en 2015 a mené au retrait de 2 572 producteurs qui n'avaient pas soumis d'échantillons au cours des trois dernières années, principalement pour cause de retraite, de déménagement ou de décès.

Figure 5.1 : nombre d’inscriptions au Programme d’échantillons de récolte, de 2011 à 2015

Figure:nombre d’inscriptions au Programme d’échantillons.Détails en dessous
Source : Rapports annuels d'enquête sur les récoltes, 2011 à 2015

Détails
Figure 5.1 : nombre d’inscriptions au Programme d’échantillons de récolte, de 2011 à 2015
Année nombre d'inscriptions à la base de données des producteurs
2011 7 197
2012 7 459
2013 7 855
2014 8 878
2015 6 727

Le sondage auprès des producteurs participants a révélé que les producteurs inscrits au programme étaient plus âgés que la collectivité agricole canadienne en général de façon disproportionnée (Annexe 3). Près de 73 % des répondants au sondage étaient âgés d'au moins 51 ans, et 53 % d'entre eux avaient au moins 64 ans. Les producteurs âgés de 36 à 50 ans constituaient la cohorte d'âge la plus sous-représentée; ils représentaient 19 % de tous les participants au programme comparativement à 44 % de tous les agriculteurs au CanadaNote de bas de page 11. Étant donné l'âge plus élevé que la moyenne des producteurs inscrits, il est très important de continuer de promouvoir le programme et de recruter des producteurs plus jeunes afin de maintenir un nombre suffisant d'inscriptions. Depuis 2012, le programme a pour priorité de solliciter de nouvelles inscriptions grâce à une représentation accrue lors des foires commerciales, à l'utilisation des médias sociaux, et à la mise à profit de la promotion auprès des intervenants de l'industrie comme la Western Grain Elevator Association, la Inland Terminal Association of Canada, les Grain Farmers of Ontario et la Alberta Wheat CommissionNote de bas de page 12. Les données du programme démontrent qu'un certain progrès a été accompli, mais que des efforts supplémentaires doivent être déployés.

Les entrevues avec les représentants de la Commission canadienne des grains ont révélé qu'environ les trois quarts de tous les employés et gestionnaires de la Commission canadienne des grains croyaient que le degré de participation actuel était fondé sur une sensibilisation plutôt adéquate ou inadéquate envers la Commission canadienne des grains et le Programme d'échantillons de récolte. Ces personnes ont expliqué que, malgré les efforts pour sensibiliser davantage les producteurs, l'inscription s'est avérée difficile. La majorité pense qu'il faut assurer un engagement continu auprès des groupes de producteurs par l'entremise de salons agricoles, de réunions de producteurs, de séminaires sur le classement et d'autres événements. Certains soutiennent que, étant donné les difficultés actuelles liées à l'obtention d'un nombre d'inscriptions suffisant, un financement additionnel est nécessaire pour des publicités à la radio et/ou dans des publications agricoles ou des journaux ou pour une commercialisation directe ciblée. Les résultats du sondage montrent que jusqu'à présent, les foires commerciales, le bouche-à-oreille, le site Web de la Commission canadienne des grains ainsi que les publicités dans les bulletins d'information ou les revues spécialisées ont été plus efficaces pour recruter des producteurs que les médias sociaux et les efforts pour diffuser l'information par l'entremise des associations de producteurs et les autres associations de l'industrie.

Le nombre d'échantillons soumis par les producteurs varie d'une année à l'autre, la participation étant plus importante lors des récoltes de piètre qualité. Entre 2010 et 2015, environ 7 827 échantillons ont été soumis chaque année au Programme d'échantillons de récolte. Le nombre de soumissions a baissé de 24,4 % entre 2012 et 2013, vraisemblablement en raison de la transition vers le marché libre à la suite de la fin du monopole de la Commission canadienne du blé et de la grande qualité de la récolte en 2013. Il convient de noter que le rapport sommaire interne de 2013 de la Commission canadienne des grains a été produit en octobre, avant que la cueillette d'échantillons soit terminée, et que le nombre d'échantillons recueillis est donc sous-représenté. Même en excluant la faible participation de 2013, le nombre d'échantillons soumis par les participants inscrits a augmenté; 24 % plus d'échantillons ont été soumis en 2014 comparativement à 2012. Le nombre de visionnements de pages du site Web du Programme d'échantillons de récolte a également augmenté de 77 %; il est passé de 6 139 visionnements en 2012 à 10 846 en 2013, puis est descendu à 8 081 en 2015Note de bas de page 13.

Figure 5.2 : nombre total d'échantillons soumis au Programme d'échantillons de récolte, de 2010 à 2014

igure:nombre d’inscriptions au Programme d’échantillons.Détails en dessous

Détails
Figure 5.2 : nombre total d’échantillons soumis au Programme d’échantillons de récolte, de 2010 à 2014
Année Trousses envoyées aux producteurs Échantillons soumis
2010 - 8 755
2011 7 752 7 197
2012 7 495 7 543
2013 7 855 5 698
2014 8 158 9 389

De plus, le nombre d'échantillons soumis varie grandement selon la région et le produit. L'Ouest du Canada a été à l'origine de 93 % de tout le matériel d'échantillons soumis entre 2011 et 2014Note de bas de page 14. Comme le montre le tableau suivant, les producteurs de l'Est soumettent plus fréquemment des échantillons de soja, de canola et de blé tendre rouge d'hiver de l'Est canadien, alors que les producteurs de l'Ouest envoient plus souvent des échantillons de blé roux de printemps de l'Ouest canadien, de canola, de blé dur ambré, de pois et de lentilles. Les soumissions d'échantillons de produits de culture moins fréquente comme les haricots, les pois chiches, les haricots ronds blancs et le blé extra fort de l'Ouest du Canada sont variables et imprévisibles. Ces échantillons permettent à la Commission canadienne des grains d'étalonner des instruments, et les variétés pures favorisent les activités de recherche.

Tableau 5.3 : Nombre total d’échantillons soumis au Programme d’échantillons de récolte par produit, de 2011 à 2014
Ouest 2011 2012 2013 2014
Haricots 5 18 7 6
Canola 2 062 2 640 1 679 2 295
Haricots ronds blancs 36 49 0 2
Soja 65 126 74 126
Pois chiches 9 18 18 11
Blé roux de printemps Canada Prairie (CPSR) 51 61 86 229
Blé blanc de printemps Canada Prairie (CPSW) 2 2 3 2
Blé dur ambré de l’ouest canadien (CWAD) 869 1 089 950 1 374
Blé extra fort de l'Ouest canadien (CWES) 2 2 1 0
Blé à des fins générales de l’Ouest canadien (CWGP) 3 8 17 46
Blé de force blanc de printemps de l'Ouest canadien (CWHWS) 22 23 10 21
Blé roux de printemps de l'Ouest canadien (CWRS) 3 354 4 156 3 267 4 941
Blé rouge d'hiver de l'Ouest canadien (CWRW) 80 175 125 174
Blé tendre blanc de printemps de l'Ouest canadien (CWSWS) 36 57 79 48
Lin 181 214 86 272
Lentilles 331 347 212 384
Moutarde 178 148 100 294
Pois 307 359 346 476
Est 2011 2012 2013 2014
Haricots 1 1 0 0
Canola 5 161 2 51
Haricots ronds blancs 3 3 0 3
Soja 41 393 254 428
Blé roux de printemps de l'Est canadien (CERS) 30 46 40 31
Blé de force rouge d'hiver de l'Est canadien (CEHRW) 22 66 44 34
Blé tendre rouge d'hiver de l'Est canadien (CESRW) 46 243 356 349
Blé blanc d'hiver de l'Est canadien (CEWW) 11 45 47 43

Source : Rapports sommaires annuels internes de la Commission canadienne des grains sur les enquêtes de récolte, de 2011 à 2014

Le sondage auprès des producteurs inscrits a révélé que la majorité d'entre eux habite la Saskatchewan (48 %), l'Alberta (30 %) et le Manitoba (15 %). Quatre-vingt-trois pour cent des producteurs cultivent 4 000 acres ou moins, et la majorité des participants (60 %) exploite moins de 2 000 acres cultivées. Les produits les plus souvent cultivés par les participants comprennent le blé roux de printemps de l'Ouest canadien (71 %), le canola (69 %), les pois (31 %), le blé dur ambré de l'Ouest canadien (23 %) et le lin (19 %). Le plus souvent, le revenu d'exploitation brut des participants se situe entre 100 000 $ et 500 000 $ (48 %) ou entre 500 000 $ et 999 000 $ (21 %), ce qui constitue une légère surreprésentation des gros producteurs. À des fins de comparaison, le revenu d'exploitation brut moyen des producteurs de céréales et d'oléagineux du Canada se chiffrait à 358 000 $ en 2014Note de bas de page 15. Cela corrobore les observations d'Anh Phan dans l'Évaluation du programme d'enquête sur la récolte de 2009, qui a démontré que les gros producteurs du Manitoba étaient plus susceptibles de participer au Programme d'échantillons de récolteNote de bas de page 16.

Une analyse des 125 producteurs interrogés qui se sont inscrits au programme mais n'ont jamais soumis d'échantillons indique que ceux-ci sont beaucoup plus susceptibles que les producteurs participants :

  • d'habiter le Québec ou l'Ontario,
  • d'être âgés de 50 ans ou moins,
  • d'exploiter 1 000 acres cultivées ou moins,
  • de cultiver du maïs, de l'orge, du soja et de l'avoine.

On trouvera à l'Annexe 3 une ventilation détaillée des caractéristiques des producteurs participants et non participants qui ont été interrogés.

Perception de l'utilité du Programme d'échantillons de récolte parmi les producteurs participants

Les résultats du sondage montrent que la vaste majorité des producteurs (91 %) participe au programme surtout pour obtenir sans frais un grade non officiel et une évaluation de la qualité. Cependant, la capacité à soutenir la commercialisation et l'utilisation finale des grains canadiens, ainsi que le suivi et l'évaluation par la Commission canadienne des grains du système d'assurance de la qualité des grains, constituent aussi des considérations importantes pour de nombreux participants (70 % et 61 %, respectivement).

La majorité des participants (68 %) pense que le programme et les rapports sur la qualité des récoltes sont utiles ou très utiles, 22 % croient qu'ils ont une certaine utilité, et moins de 5 % pensent que le programme leur est peu ou pas utile. Il a été révélé que l'utilité perçue du programme diminuait graduellement lorsque le revenu d'exploitation annuel brut des producteurs dépassait 1 million de dollars, ou lorsque la superficie cultivée de céréales et d'oléagineux des producteurs excédait 6 000 acres. Cela s'explique probablement parce que les très gros producteurs ont un plus grand pouvoir de négociation avec les acheteurs. De plus, ils disposent plus souvent de leurs propres laboratoires ou paient des laboratoires privés ou des producteurs tiers pour faire faire d'autres essais. C'est pourquoi ces producteurs dépendent moins du grade non officiel du Programme d'échantillons de récolte que les producteurs dont le revenu est moindre.

Il a été révélé que le Programme d'échantillons de récolte était relativement utile aux producteurs de l'Ontario et du Québec (cote moyenne attribuée de 3,4 sur 5) par rapport à toutes les autres provinces, qui estiment que le programme leur est utile ou très utile (les cotes moyennes attribuées allaient de 4,1 à 5 sur 5). Cette situation est attribuable à la proportion élevée de producteurs de soja en Ontario et au Québec. Selon des informateurs clés, des différences dans la chaîne de valeur du soja de qualité alimentaire (p. ex. utilisation accrue de contrats de vente, prévalence des marchés à créneaux et recours des acheteurs à leurs propres analyses de laboratoire pour déterminer les caractéristiques d'utilisation finale désirées plutôt qu'aux grades de la Commission canadienne des grains) rendent l'information fournie par le Programme d'échantillons de récolte moins utile pour la commercialisation. Cette question est abordée plus en détail à la section 5.5.

En général, il a été révélé que l'utilité perçue du Programme d'échantillons de récolte était plus élevée chez les producteurs de blé de l'Ouest que chez les producteurs de blé de l'Est, et moins élevée chez les producteurs de maïs, de haricots et de soja tel que le montre le tableau 5.4. Cette situation est vraisemblablement attribuable aux raisons énoncées auparavant pour le soja et à la quantité relativement limitée d'information qui est fournie aux producteurs de haricots et de maïs.

Tableau 5.4 : Cote d’utilité moyenne des producteurs par groupe de produits (échelle de 1 à 5)
Produit non précisé Région de l’Est Région de l’Ouest
Blé - 3,6 4,2
Orge - 3,6 4,2
Lin - 4,6 4,1
Canola 4,2 - -
Avoine 4,2 - -
Maïs 3,3 - -
Pois chiches 4,3 - -
Lentilles 4,2 - -
Haricots 3,7 - -
Soja 3,8 - -
Haricots ronds blancs 4,3 - -
Moutarde 4,2 - -
Pois 4,2 - -

Les producteurs utilisent le plus souvent le grade non officiel et l'information connexe en tant que seconde opinion objective pour comparaison avec les évaluations des acheteurs éventuels (66 %). Le tiers (34 %) des producteurs utilisent également l'information du Programme d'échantillons de récolte pour élaborer ou appuyer leur stratégie de commercialisation; ils l'utilisent par exemple pour déterminer quels acheteurs seraient les plus susceptibles d'être intéressés par leurs cultures, pour savoir comment cibler leur commercialisation afin d'en maximiser la valeur, et comme outil promotionnel pour promouvoir leurs grains auprès d'acheteurs éventuels. Une faible minorité de producteurs utilise aussi le grade et l'évaluation pour évaluer l'influence des pratiques agricoles et des conditions météorologiques sur la qualité des grains (5 %), ou pour les comparer aux moyennes régionales ou nationales fournies dans les rapports annuels de la Commission canadienne des grains sur la qualité (3 %).

Les 5 % de producteurs qui estiment que le Programme d'échantillons de récolte leur est peu ou pas utile ont le plus souvent indiqué :

  • que le grade n'a aucun poids pour les acheteurs comme il n'est pas officiel (23 %);
  • qu'ils ne comprennent pas comment accéder à leurs résultats (23 %);
  • qu'ils n'ont pas eu besoin d'utiliser leur grade non officiel pour contester le grade d'un acheteur (23 %);
  • qu'ils ont besoin de renseignements plus détaillés que ceux fournis dans le cadre du programme (23 %).

Les producteurs participants ont expliqué que, s'ils n'étaient pas en mesure d'obtenir le grade non officiel et l'évaluation de qualité gratuits du programme, ils auraient moins confiance en leurs capacités d'évaluer de façon éclairée les offres qu'ils reçoivent des acheteurs, et ils dépendraient davantage des évaluations et grades des acheteurs pour déterminer la qualité de leurs grains (32 %). Certains producteurs (24 %) ont mentionné qu'ils engageraient des dépenses supplémentaires liées à l'obtention d'un grade officiel et d'information sur la qualité d'une autre source, et 10 % devraient faire face à un fardeau de commercialisation accru en raison de la nécessité de soumettre des échantillons à plusieurs autres acheteurs. Environ 23 % ont indiqué qu'ils seraient touchés de façon minimale, car ils continueraient d'obtenir des grades de plusieurs acheteurs.

Demande pour les rapports annuels de la Commission canadienne des grains sur la qualité des récoltes

La demande pour les rapports annuels sans frais sur la qualité des grains publiés sur le site Web de la Commission canadienne des grains est considérable, et elle a augmenté au cours des cinq dernières années. Le tableau suivant illustre le nombre total de fois où on a visionné des pages (en anglais et en français) de chaque rapport annuel sur la qualité reçu au cours de l'année de sa publicationNote de bas de page 17. Tel qu'il est indiqué, le nombre total de visionnements de tous les rapports de la Commission canadienne des grains combinés pour une campagne agricole donnée a augmenté de 231 %; il est passé de 5 329 en 2009 à 17 662 en 2014. Cela laisse supposer une augmentation de l'utilité perçue des ressources par les bénéficiaires externes.

Tableau 5.5 : nombre de visionnements de pages de rapports sur la qualité du blé et du canola durant l’année de publication, de 2010 à 2015
Rapport 2009 2010 2011 2012 2013 2014 En date de décembre 2015
Qualité du blé de l’Ouest canadien 1 242 2 440 3 212 6 607 6 208 8 256 3 371
Qualité du canola de l’Ouest canadien 1 040 2 447 2 622 3 783 2 890 2 819 1 751
Qualité du blé de l’Ontario - - - - - 1 598 1 135
Qualité du lin de l’Ouest canadien 716 713 639 1 145 850 987 774
Qualité de l’orge brassicole de l’Ouest canadien 580 600 683 453 775 1 311 698
Blé de l’Ouest canadien - Qualité des exportations 835 656 824 263 688 578 952
Qualité du soja alimentaire canadien - - 447 826 464 534 -
Qualité de la moutarde de l’Ouest canadien 444 320 442 442 517 951 -
Qualité du soja canadien non comestible 472 383 537 409 490 628 365
Total 5 329 7 559 9 406 1 3928 12 882 17 662 9 046

L’utilisation des rapports sur la qualité des récoltes par les bénéficiaires externes pour comparer les résultats des différentes années est également en hausse. La figure ci-dessous illustre le nombre cumulatif de fois où les pages Web des rapports annuels sur la qualité des récoltes ont été visionnées, depuis la date de publication jusqu’en décembre 2015. Au moment de la rédaction du présent rapport, les données cumulées de 2015 n’étaient pas disponibles.

Figure 5.6 : nombre de visionnements de pages de rapports annuels de la Commission canadienne des grains sur la qualité des récoltes, de 2009 à 2015

Figure:nombre de visionnedments au Programme d’échantillons.Détails en dessous

Détails
Figure 5.6 : nombre de de visionnements de pages de rapports annuels de la Commission canadienne des grains sur la qualité des récoltes, de 2009 à 2015
Année Visionnements lors de l'année de publication Visionnements cumulatifs
2009 5 329 11 226
2010 7 559 15 664
2011 9 406 16 954
2012 13 928 18 113
2013 12 882 18 973
2014 17 662 25 530
2015 9 046 -

Les entrevues ont été menées avec le personnel et la direction de la Commission canadienne des grains, des associations de producteurs et de l'industrie, des sociétés céréalières et acheteurs nationaux, et des acheteurs et transformateurs internationaux de grains et d'oléagineux canadiens. Les entrevues ont montré que tous les groupes de bénéficiaires externes utilisaient les rapports et l'information, mais que la demande d'information était plus importante du côté des utilisateurs finaux à l'étranger que des intervenants au pays. Ces derniers se fient principalement à leurs propres méthodes d'échantillonnage et d'analyse pour étayer leurs stratégies de commercialisation. Tous les acheteurs et transformateurs internationaux interrogés connaissent bien ou relativement bien les rapports et l'information, et 94 % d'entre eux les utilisent; 94 % des associations de producteurs et de l'industrie au Canada connaissent très bien les rapports et l'information et 63 % d'entre elles les utilisent; et 71 % des sociétés céréalières nationales interrogées connaissent relativement bien ou bien les rapports et l'information et 62 % d'entre elles les utilisent.

Les associations de producteurs et les sociétés céréalières qui n'utilisent pas les rapports ont généralement expliqué qu'elles ignoraient avoir accès à ces rapports, ou qu'elles se fiaient à une autre source d'information sur la qualité. Quelques représentants d'associations ont affirmé que le contenu des rapports n'avait rien à voir avec leur rôle particulier ou avec leurs besoins en matière d'information.

Perception de l'utilité des rapports annuels de la Commission canadienne des grains sur la qualité des récoltes

Les 16 acheteurs et transformateurs internationaux interrogés qui utilisent les rapports annuels de la Commission canadienne des grains sur la qualité des récoltes ont mentionné qu'ils les trouvaient utiles ou très utiles (cote moyenne attribuée de 4,7 sur 5), et que les rapports contenaient de l'information pertinente sur le classement et la qualité qui les aidait dans leur processus décisionnel. Les acheteurs et transformateurs internationaux utilisent l'information pour les aider dans leurs décisions d'achat; par exemple, ils cernent les régions productrices qui présentent la qualité désirée et fournissent les renseignements nécessaires sur la force des protéines pouvant les appuyer dans leur fonctionnalité à l'utilisation finale. Certains utilisent également l'information pour étayer leurs décisions de transformation, notamment lorsqu'ils planifient des corrections à apporter à leurs recettes de farines afin d'atténuer l'impact des changements sur des paramètres de qualité clés.

Les 11 associations de producteurs et de l'industrie interrogées qui utilisent les rapports les trouvent utiles (cote moyenne attribuée de 4,2 sur 5). Le plus souvent, les associations utilisent les rapports afin d'acquérir une bonne compréhension de l'approvisionnement national et des attributs de qualité de la campagne agricole, et de comparer les données d'une année à l'autre et d'une région à l'autre. Par ailleurs, la plupart des sociétés céréalières nationales trouvent les rapports et l'information utiles (cote moyenne attribuée de 4,2 sur 5). Les moulins, les acheteurs et les négociants de grains perçoivent l'information comme légèrement plus utile que les silos et les transformateurs. Les entreprises céréalières ont signalé qu'elles utilisaient les données sur la qualité et le classement des grains propres à leur région afin de comparer les résultats de la Commission canadienne des grains avec les résultats de qualité des récoltes de leur région et d'autres régions, ainsi qu'avec les résultats de leurs propres enquêtes et essais en matière de qualité ou avec ceux des moulins desquels elles achètent leur farine.

Le personnel et la direction de la Commission canadienne des grains ont indiqué que les acheteurs à l'étranger, comparativement aux bénéficiaires canadiens, comprenaient davantage la Commission canadienne des grains ainsi que les rapports et l'information sur la qualité des récoltes et y étaient davantage sensibilisés. Ils ont indiqué qu'une meilleure communication avec les associations nationales de producteurs était nécessaire afin d'informer les bénéficiaires canadiens des avantages du Programme d'échantillons de récolte. La suggestion d'amélioration de la sensibilisation des bénéficiaires canadiens la plus souvent mentionnée est une meilleure communication avec les associations, notamment grâce à la distribution des rapports sur la qualité des récoltes par courriel.

Besoin accru des extrants du Programme d'échantillons de récolte à la suite du démantèlement de la Commission canadienne du blé

Comme il a été démontré précédemment, au cours des dernières années, la demande pour les extrants du Programme d'échantillons de récolte a pris de l'ampleur parmi les bénéficiaires externes. Les observations de l'évaluation montrent qu'il s'agit du résultat des changements apportés à la commercialisation des céréales et des oléagineux, ainsi que du passage en 2012 du guichet unique de vente de la Commission canadienne du blé à un libre marché pour le blé et l'orge de l'Ouest.

Bien que la majorité des producteurs participants (55 %) ait mentionné que l'utilité du grade non officiel et de l'évaluation de la qualité de la Commission canadienne des grains était demeurée constante, 29 % ont expliqué que le grade non officiel était devenu plus utile ou important pour eux. Ces producteurs ont le plus souvent indiqué (45 %) que le libre marché s'était traduit par un système de classement plus compliqué et subjectif, ce qui rendait plus ardue leur évaluation des offres des acheteurs et leur négociation du grade et du prix pour leur grain. Conséquemment, ils dépendent davantage d'une évaluation tierce indépendante comme point de comparaison. Environ 41 % d'entre eux ont mentionné qu'ils avaient maintenant davantage besoin d'information sur la qualité pour appuyer leurs efforts de commercialisation.

De façon similaire, la vaste majorité (88 %) du personnel et de la direction de la Commission canadienne des grains et plus de la moitié des associations, entreprises céréalières et acheteurs qui utilisent les rapports (56 % et 58 %) ont affirmé que l'utilité des rapports et de l'information avait augmenté. Selon ces intervenants, des changements dans la commercialisation du blé et d'autres céréales ainsi que le passage à un libre marché pour le blé et l'orge de l'Ouest canadien ont fait augmenter la demande pour de l'information technique sur la qualité et la fonctionnalité à l'utilisation finale parmi les producteurs, les associations, les marchands et les négociants. Les responsables de la commercialisation des grains canadiens ont affirmé qu'ils avaient davantage besoin d'information détaillée sur la qualité et la fonctionnalité à l'utilisation finale, pour pouvoir cerner les marchés, assurer une commercialisation efficace et répondre aux demandes d'information des acheteurs.

Certaines associations de producteurs et de l'industrie ont mentionné avoir reçu des demandes d'information de plus en plus complexes et techniques de la part d'acheteurs. Cette situation serait le résultat d'une importance accrue accordée aux caractéristiques particulières touchant la transformation et la fonctionnalité à l'utilisation finale, comme l'indice de chute du blé ainsi que la force du gluten et des protéines de variétés précises. Comme l'a expliqué le représentant d'une association : « les facteurs et les caractéristiques de classement recherchés par les acheteurs évoluent constamment et varient selon le produit et l'utilisation finale prévue ». L'adoption d'une nouvelle loi sur la salubrité des aliments comportant des limites maximales de résidus (LMR) pour les mycotoxines, herbicides et pesticides a également été reconnue comme ayant contribué au besoin d'information accru des acheteurs. Ces constatations ont été appuyées par les commentaires d'acheteurs et de transformateurs internationaux.

Un examen des articles de presse sur l'industrie publiés depuis 2012 vient appuyer ces constatations. Par exemple, dans un article publié en 2012 par le ministère de l'Agriculture et de la Foresterie de l'Alberta, on explique que les producteurs font face à une variabilité accrue des écarts de prix pour l'ensemble des grades de blé et des taux de protéinesNote de bas de page 18. Un article de 2015 publié par AgCanada mentionne que le classement incohérent des exploitants de silos-élévateurs avait accentué l'importance de l'obtention d'information sur la qualité des récoltes avant la livraisonNote de bas de page 19. Des articles publiés dans The Western ProducerNote de bas de page 20 en 2013 et dans le Globe and Mail en 2014 suggèrent que les petits producteurs ont davantage de difficultés à gérer leurs propres commercialisation et financement et que les producteurs doivent affronter une concurrence accrue entre les exploitations agricoles, étant donné que le regroupement au sein de l'industrie s'est traduit par une baisse du nombre d'acheteurs de grain et une réduction de la concurrence. L'article du Western Producer soutient que la domination de l'industrie du grain des Prairies par trois exploitants de silos-élévateurs d'importance a entraîné une baisse de la concurrence des prix et a réduit la capacité des producteurs à négocier les prix et les grades.

Complémentarité et chevauchement avec des programmes et initiatives similaires

De façon générale, le Programme d'échantillons de récolte est complémentaire aux enquêtes sur les récoltes menées par d'autres organisations au Canada. Bien que les données fournies dans les rapports annuels de la Commission canadienne des grains sur la qualité des récoltes et les rapports d'évaluation des récoltes de l'Institut international du Canada pour le grain se recoupent quelque peu, les diverses méthodes d'échantillonnage utilisées sont complémentaires dans le sens où elles sont bénéfiques pour différents intervenants de la chaîne de valeur. Des différences dans le champ d'application des enquêtes rendent les deux rapports utiles aux utilisateurs finaux pour différentes raisons. Le programme Ontario Wheat Harvest Quality Scoop des Grain Farmers of Ontario, qui est mené en partenariat avec la Commission canadienne des grains en tant que prolongement du Programme d'échantillons de récolte, est complémentaire. Néanmoins, à partir de 2016, l'enquête sur les récoltes des Grain Farmers of Ontario sera menée par le laboratoire des grains de l'Ontario exploité par SGS, ce qui se traduira peut-être par un dédoublement ou un chevauchement avec le Programme d'échantillons de récolte. D'autres acteurs qui classent et évaluent les grains, notamment les sociétés céréalières et les laboratoires d'analyse, ne concurrencent pas ni ne chevauchent les activités du Programme d'échantillons de récolte, puisqu'ils poursuivent des objectifs différents et ne publient pas d'information sur la qualité des récoltes. Presque tous les bénéficiaires externes utilisent les extrants de la Commission canadienne des grains en plus des autres sources d'information sur la qualité des récoltes.

Complémentarité et chevauchement avec l'Institut international du Canada pour le grain

L'Institut international du Canada pour le grain est un organisme sans but lucratif qui poursuit les objectifs suivants :

  • Promouvoir le grain canadien auprès des transformateurs mondiaux
  • Offrir aux participants canadiens et étrangers une formation sur la production, la commercialisation et la transformation des grandes cultures et des grains canadiens
  • Offrir aux participants de l'industrie canadienne une formation leur permettant d'approfondir leurs connaissances des caractéristiques et des exigences du marché
  • Déterminer des utilisations finales uniques pour les grandes cultures et les grains canadiens au moyen de travaux de recherche appliquée
  • Exploiter des installations servant à transmettre des connaissances pratiques et de nature commerciale dans le but de soutenir une chaîne de valeur compétitive à l'égard des grandes cultures et des grains canadiens

Les missions, objectifs et activités de la Commission canadienne des grains et de l'Institut international du Canada pour le grain sont en grande partie complémentaires. La Commission canadienne des grains a pour mandat de fixer et de faire respecter des normes de qualité pour le grain canadien et de régir la manutention des grains au pays afin d'en assurer la fiabilité sur les marchés intérieur et extérieur. Elle a le pouvoir et la responsabilité de faire respecter des normes concernant 20 types de grains cultivés au Canada et d'en régir la manutention, afin de s'assurer que les grains du Canada sont salubres, fiables et commercialisables, et que les producteurs de grains canadiens sont dûment rémunérés pour les livraisons de grains aux entreprises céréalières agréées. L'Institut international du Canada pour le grain vise à répondre aux besoins des clients et est axé sur la commercialisation, l'innovation et l'adaptation. L'Institut international du Canada pour le grain reçoit l'aide financière du programme d'appui pour la commercialisation d'innovation agricole et du programme canadien d'adaptation agricole d'Agriculture et Agroalimentaire Canada pour offrir des services de recherche aux intervenants canadiens. Par exemple, Pulse Canada travaille actuellement à un projet spécial avec l'Institut international du Canada pour le grain sur la mouture de légumineuses en utilisant des contributions équivalentes du programme d'adaptation culturelle canadienne d'Agriculture et Agroalimentaire Canada. Depuis l'exercice de 2013 à 2014, l'Institut international du Canada pour le grain mène aussi des analyses de vérification de variétés de première génération au nom de sélectionneurs de blé et de blé dur du secteur public, et évalue des lignées de sélectionneur pour certaines entreprises céréalières privées en vue d'une sélection variétale par le Comité de développement des grains des PrairiesNote de bas de page 21.

L'Institut international du Canada pour le grain apporte également une expertise technique, une expérience et des connaissances concernant la qualité et l'utilisation finale des cultures du Canada dans la chaîne de valeur canadienne et pour les consommateurs étrangers et canadiens. Les employés de la Commission canadienne des grains et de l'Institut international du Canada pour le grain collaborent à des projets de recherche communs, à des missions commerciales étrangères destinées aux acheteurs internationaux, à des missions sur les nouvelles cultures menées par Équipe Canada à l'étranger, et à des présentations éducatives à l'intention des producteurs. L'Institut international du Canada pour le grain soutient également la Commission canadienne des grains dans l'utilisation de son équipement de séchage des pâtes. La formation « Combine to Customer » de l'Institut international du Canada pour le grain et l'interaction directe de l'organisme avec les producteurs sont utiles pour promouvoir le Programme d'échantillons de récolte et accroître la sensibilisation des producteurs. Le but, les objectifs et les activités de la Commission canadienne des grains et de l'Institut international du Canada pour le grain se chevauchent dans le sens où les deux organismes offrent un soutien à la commercialisation des céréales et oléagineux du Canada, et mènent des recherches sur l'utilisation finale des grains et des produits à base de grain (voir la figure 5.7).

Figure 5.7 : Responsabilités de la Commission canadienne des grains et de l’Institut international du Canada pour le grain

Figure:Responsabilités de la CCG et de l’IICG.Détails en dessous

Détails
Figure 5.7 : Responsabilités de la Commission canadienne des grains et de l’Institut international du Canada pour le grain
Commission canadienne des grains Institut international du Canada pour le grains Commun
Assurance de la qualité et de la quantité Formation sur la production, la distribution, la commercialisation et la transformation Recherche sur les grains et les produits à base de grain
Réglementation sur les grains et leur manutention Recherche appliquée sur des utilisations finales singulières Soutien à la commercialisation
Protection des producteurs/résolution de différends - -

Dans le cadre de ses efforts pour promouvoir le grain canadien auprès des transformateurs mondiaux, l'Institut international du Canada pour le grain maintient un programme annuel d'évaluation des récoltes en partenariat avec neuf grandes sociétés céréalières du CanadaNote de bas de page 22. L'enquête et le rapport portent sur des échantillons représentatifs de blé roux de printemps de l'Ouest canadien, de blé dur ambré de l'Ouest canadien, de blé rouge d'hiver de l'Ouest canadien et de blé roux de printemps Canada Prairie. Les échantillons de blé provenant des expéditions commerciales et catégorisés par classe et grade (et par région en ce qui concerne le blé roux de printemps de l'Ouest canadien) sont obtenus auprès de silos intérieurs de partout dans l'Ouest canadien. Des échantillons composites régionaux (de l'Ouest et de l'Est) ne sont disponibles que dans le cas du blé roux de printemps de l'Ouest canadien; les autres classes comprennent des échantillons composites des Prairies, parce qu'elles ne sont pas cultivées dans toutes les régions des Prairies. L'Institut international du Canada pour le grain transmet les résultats à chaque entreprise céréalière, et publie gratuitement les résultats sur la qualité des récoltes de composites dans un rapport annuel, Quality of Wheat Classes, qui est disponible sur son site Web. Les résultats sont également communiqués aux acheteurs canadiens et étrangers de grains canadiens lors des missions d'Équipe Canada sur les nouvelles cultures en novembre et décembre.

Les analyses comparatives des représentants de la Commission canadienne des grains et les entrevues menées avec ces derniers démontrent que le programme et le rapport de l'Institut international du Canada pour le grain chevauchent et complètent à la fois le Programme d'échantillons de récolte et les rapports annuels de la Commission canadienne des grains sur la qualité des récoltes. Les deux programmes sont conçus pour recueillir des échantillons représentatifs de la récolte de chaque année et pour générer des données sur la qualité des échantillons composites à transmettre aux acheteurs de grain et de l'industrie du monde entier afin d'appuyer la commercialisation des grains canadiens. Les deux rapports sont publiés en ligne sans frais et transmis aux consommateurs lors de missions nationales et internationales sur les nouvelles cultures qui comprennent Cereals Canada, l'Institut international du Canada pour le grain et la Commission canadienne des grains. Il y a chevauchement des utilisateurs finaux des rapports, étant donné que les entreprises céréalières et les acheteurs canadiens, les associations ainsi que les acheteurs et transformateurs étrangers utilisent à la fois les rapports et les données de l'Institut international du Canada pour le grain et de la Commission canadienne des grains.

Les différences entre les méthodes d'échantillonnage sont complémentaires dans le sens où elles profitent à différents intervenants de la chaîne de valeur. Alors que l'Institut international du Canada pour le grain a formé un partenariat avec neuf grandes entreprises céréalières afin d'obtenir des échantillons et, en retour, de leur fournir de l'information sur le classement pour soutenir leur stratégie de commercialisation, le Programme d'échantillons de récolte obtient ses échantillons directement des producteurs; il fournit à ces derniers des grades non officiels qui leur permettent d'étayer leurs stratégies de commercialisation et qui les aident à négocier les grades et les prix de leurs grains.

Les différences de portée des enquêtes et des rapports sont également complémentaires. L'évaluation et le rapport annuels de l'Institut international du Canada pour le grain englobent seulement le blé roux de printemps de l'Ouest canadien, le blé dur ambré de l'Ouest canadien, le blé rouge d'hiver de l'Ouest canadien et le blé roux de printemps Canada Prairie de la région des Prairies. La Commission canadienne des grains publie des rapports sur la qualité des récoltes pour ces quatre classes de blé et pour d'autres blés de l'Ouest canadien, les exportations de blé, le lin, les lentilles, l'orge brassicole et les pois, le blé de l'Ontario et le soja canadien de qualité alimentaire et non alimentaire.Note de bas de page 23

Étant donné que le blé dur ambré de l'Ouest canadien, le blé roux de printemps de l'Ouest canadien, le blé roux de printemps Canada Prairie et le blé rouge d'hiver de l'Ouest canadien sont couverts dans les deux rapports, certaines données sur la qualité se recoupent. L'Institut international du Canada pour le grain et la Commission canadienne des grains effectuent la plupart des mêmes analyses de qualité pour ces quatre classes de blé, mais ils ont recours à différentes méthodes d'échantillonnage. Les deux méthodes d'échantillonnage distinctes peuvent se traduire par des différences, ce qui peut créer de la confusion ou des préoccupations parmi les bénéficiaires externes, en particulier les acheteurs internationaux. À titre d'exemple, le tableau ci-après compare les paramètres de qualité du blé dur ambré de l'Ouest canadien no 1 utilisés par l'Institut international du Canada pour le grain dans ses rapports et ceux employés par la Commission canadienne des grains dans ses rapports annuels sur la qualité des récoltes de 2015.

Tableau 5.8 : Paramètres de qualité de l’Institut international du Canada pour le grain et de la Commission canadienne des grains pour le blé dur ambré de l’Ouest canadien no 1 de 2015
Paramètre de qualité Institut international du Canada pour le grain Commission canadienne des grains Paramètre de qualité Institut international du Canada pour le grain Commission canadienne des grains
Blé Alvéogramme
Poids spécifique, kg/hL 82,2 81,9 P, mm 71 74
Poids de 1 000 grains 40,6 42,4 L, mm 75 96
Grains vitreux durs (HVK), % 95 95 P/L 0,95 0,77
Protéines, % 13,8 13,8 W, x10 -4joules 169 204
Protéines (à l’état sec), % 16,0 S.O. Granulation
Indice de chute, s 435 420 Plus de 30 US (590 mic), % 0,0 S.O.
Cendres, % 1,48 1,52 Plus de 40 US (420 mic), % 2,3 S.O.
Indice granulométrique, % 29,7 S.O. Plus de 60 US (250 mic), % 51,4 S.O.
Rendement à la mouture Plus de 80 US (177 mic), % 25,3 S.O.
Rendement, % 69,9 74,7 Plus de 100 US (149 mic), % 8,2 S.O.
Rendement en semoule, % S.O. 66,5 Jusqu’à 100 US, % 12,8 S.O.
Semoule Couleur du spaghetti séché à 85oC
Protéines, % 12,7 12,9 Couleur - L (clarté) 71,0 72,8
Perte protéique à la mouture, % 1,1 S.O. Couleur - a (teinte rouge) 5,97 5,1
Gluten humide, % 34,9 34,5 Couleur - b (teinte jaune) 59,5 63,7
Indice de gluten, % 50 S.O. Texture du spaghetti
Cendres, % 0,71 0,66 Fermeté (temps de cuisson de 9 min), g 716 S.O.
Couleur - L (clarté) 84,8 S.O. Perte à la cuisson, % 5,0 S.O.
Couleur - a (teinte rouge) -3,06 S.O. Poids cuit/poids initial 3,2 S.O.
Couleur - b (teinte jaune) 28,8 32,5 Force de coupe maximale, g S.O. 632
Teneur en pigment jaune, ppm 9,6 9,8 Diamètre d'un brin sec, mm S.O. 1,69
Compte des piqûres Diamètre d'un brin cuit, mm - 2,50
Total par 50 cm2 28 19 - - -
Piqûres foncées S.O. 2 - - -
Grosses piqûres (0,6 mm2) S.O. 9 - - -

Il existe des différences dans la façon qu'ont les deux organismes d'établir des rapports pour les quatre classes de blé, ce qui rend les deux rapports utiles pour les utilisateurs finaux de l'information. Les rapports de la Commission canadienne des grains présentent une ventilation plus nuancée des paramètres de qualité par région productrice et facilitent les comparaisons historiques d'une année à l'autre. Par exemple, l'Institut international du Canada pour le grain fait rapport de paramètres de qualité pour des échantillons composites globaux de blé no 1, no 2 et no 3 à l'exception du blé roux de printemps de l'Ouest canadien, qui se sépare en deux groupes d'échantillons composites : Ouest et Est des Prairies. À titre de comparaison, la Commission canadienne des grains fait rapport de paramètres de qualité pour des échantillons composites de blé no 1, no 2 et no 3 par région productrice, et fait rapport de la teneur en protéines par grade et province ainsi que par grade et régionNote de bas de page 24. Concernant le blé roux de printemps de l'Ouest canadien, la Commission canadienne des grains élabore aussi des échantillons composites en fonction des groupements protéiniques suivants, ce qui est avantageux pour les acheteurs :

  • Blé roux de printemps, Ouest canadien no 1 – groupement protéinique de 14,5 %
  • Blé roux de printemps, Ouest canadien no 1 – groupement protéinique de 13,5 %
  • Blé roux de printemps, Ouest canadien no 2 – groupement protéinique de 14,5 %
  • Blé roux de printemps, Ouest canadien no 2 – groupement protéinique de 13,5 %
  • Blé roux de printemps, Ouest canadien no 3 – aucun groupement protéinique

La quasi-totalité des employés et de la direction de la Commission canadienne des grains (95 %) considère que le programme d'évaluation des récoltes de l'Institut international du Canada pour le grain mène des activités similaires à celles du Programme d'échantillons de récolte et a des objectifs semblables. La vaste majorité (89 %) a affirmé que la Commission canadienne des grains et l'Institut international du Canada pour le grain se rejoignaient dans leur soutien à la commercialisation des céréales et oléagineux canadiens. Les représentants de la Commission canadienne des grains ont suggéré que les rôles des deux organismes soient mieux définis et que les résultats des récoltes soient transmis aux utilisateurs finaux d'une manière complémentaire. Le quart des représentants (26 %) a suggéré que l'Institut international du Canada pour le grain et la Commission canadienne des grains déterminent une façon de partager le matériel d'échantillonnage afin d'assurer l'harmonisation des données ainsi qu'une approche uniforme d'Équipe Canada. Certains représentants de la Commission canadienne des grains (18 %) ont expliqué qu'une meilleure image de marque et qu'une meilleure différenciation entre les deux organismes étaient nécessaires afin que l'industrie reconnaisse que l'Institut international du Canada pour le grain est l'expert en commercialisation internationale, et que la Commission canadienne des grains est l'expert en assurance de la qualité et de la quantité.

En général, les bénéficiaires externes sont plus susceptibles de percevoir les activités des deux organismes comme complémentaires et de considérer les deux sources d'information comme étant utiles. Seule une des associations de producteurs et de l'industrie et 40 % des entreprises céréalières canadiennes ont affirmé que les deux organismes menaient des activités similaires et avaient des objectifs semblables. Les entreprises céréalières canadiennes perçoivent généralement les deux organismes comme complémentaires, en soulignant que l'Institut international du Canada pour le grain employait une méthode d'échantillonnage et un matériel de meunerie différents. De la même façon, près des trois quarts des acheteurs et transformateurs interrogés (73 %) ont indiqué qu'ils se fiaient autant aux rapports de la Commission canadienne des grains qu'à ceux de l'Institut international du Canada pour le grain et qu'ils trouvaient les deux sources d'information utiles, tout en soulignant leurs différences en termes de méthodes d'échantillonnage et d'accent. Parmi les quatre autres répondants, trois comptaient exclusivement sur les rapports annuels de la Commission canadienne des grains sur la qualité des récoltes, et un se fiait uniquement aux rapports de l'Institut international du Canada pour le grain.

Une association de producteurs et quatre acheteurs et transformateurs internationaux ont affirmé que la publication de deux rapports sur la qualité des récoltes au Canada était inutile ou prêtait à confusion. Ces personnes ont suggéré que l'Institut international du Canada pour le grain et la Commission canadienne des grains effectuent une meilleure coordination afin de produire un seul rapport final exhaustif. Parmi les quatre acheteurs internationaux, deux n'ont pas exprimé de préférence quant à la méthode d'échantillonnage utilisée pour préparer le rapport, et un a suggéré que le Canada devrait intégrer les deux méthodes. Le quatrième acheteur international a indiqué qu'il trouvait très important que les échantillons soient obtenus des producteurs afin que les forces et les faiblesses de chaque région productrice puissent être mieux cernées.

5.3.2 Complémentarité avec le rapport du programme Quality Scoop des Grain Farmers of Ontario

Jusqu'à présent, les activités des Grain Farmers of Ontario liées aux enquêtes sur les récoltes se sont avérées complémentaires au Programme d'échantillons de récolte. Quelques (4 %) employés et dirigeants de la Commission canadienne des grains ont expliqué que les Grain Farmers of Ontario menaient leur propre enquête au sujet d'échantillons cultivés dans des parcelles de terrains, et que la faible portée de l'enquête ainsi que la méthode d'échantillonnage différente ne chevauchaient pas le Programme d'échantillons de récolteNote de bas de page 25. Les documents du programme et l'analyse comparative révèlent également que les Grain Farmers of Ontario travaillent en partenariat avec la Commission canadienne des grains depuis 2010 pour recueillir des échantillons de blé tendre rouge d'hiver de l'Est canadien, de blé tendre blanc d'hiver de l'Est canadien et de blé de force rouge d'hiver de l'Est canadien directement auprès de sociétés céréalières de partout en Ontario dans le cadre du Programme d'échantillons de récolteNote de bas de page 26. Le rapport sur la qualité des récoltes est publié sur le site Web de la Commission canadienne des grains; il est également inclus dans le rapport annuel des Grain Farmers of Ontario sur le programme Ontario Quality Scoop, accessible sans frais sur le site Web des Grain Farmers of Ontario Ce partenariat est complémentaire; les Grain Farmers of Ontario facilitent la collecte d'échantillons de la région de l'Est pour le Programme d'échantillons de récolte, et la publication des résultats sur le site Web des Grain Farmers of Ontario favorise une utilisation encore plus répandue de l'information.

Complémentarité avec le rapport du programme Quality Scoop des Grain Farmers of Ontario

Jusqu'à présent, les activités des Grain Farmers of Ontario liées aux enquêtes sur les récoltes se sont avérées complémentaires au Programme d'échantillons de récolte. Quelques (4 %) employés et dirigeants de la Commission canadienne des grains ont expliqué que les Grain Farmers of Ontario menaient leur propre enquête au sujet d'échantillons cultivés dans des parcelles de terrains, et que la faible portée de l'enquête ainsi que la méthode d'échantillonnage différente ne chevauchaient pas le Programme d'échantillons de récolteNote de bas de page 25. Les documents du programme et l'analyse comparative révèlent également que les Grain Farmers of Ontario travaillent en partenariat avec la Commission canadienne des grains depuis 2010 pour recueillir des échantillons de blé tendre rouge d'hiver de l'Est canadien, de blé tendre blanc d'hiver de l'Est canadien et de blé de force rouge d'hiver de l'Est canadien directement auprès de sociétés céréalières de partout en Ontario dans le cadre du Programme d'échantillons de récolteNote de bas de page 26. Le rapport sur la qualité des récoltes est publié sur le site Web de la Commission canadienne des grains; il est également inclus dans le rapport annuel des Grain Farmers of Ontario sur le programme Ontario Quality Scoop, accessible sans frais sur le site Web des Grain Farmers of Ontario Ce partenariat est complémentaire; les Grain Farmers of Ontario facilitent la collecte d'échantillons de la région de l'Est pour le Programme d'échantillons de récolte, et la publication des résultats sur le site Web des Grain Farmers of Ontario favorise une utilisation encore plus répandue de l'information.

Même si les Grain Farmers of Ontario recueillent des échantillons de la région de l'Est, la Commission canadienne des grains a du mal à obtenir de la part des producteurs un nombre suffisant d'échantillons des grains de l'Est les plus fréquents pour pouvoir fournir des résultats probants en temps opportun. La Commission canadienne des grains aurait peut-être intérêt à resserrer ses liens avec les Grain Farmers of Ontario et d'autres organisations de la région de l'Est pour renforcer le Programme d'échantillons de récolte pour ces grains.

Complémentarité avec les entreprises céréalières, les laboratoires d'analyse et les vérificateurs indépendants

Les entrevues menées avec les informateurs clés et les enquêtes effectuées auprès des producteurs participants montrent que la plupart des entreprises céréalières mènent leur propre enquête sur les récoltes et procèdent à leur propre échantillonnage, mais il n'y a aucun risque de dédoublement ou de chevauchement, étant donné que leur méthode et leur centre d'intérêt diffèrent de ceux de la Commission canadienne des grains et que leurs résultats ne sont pas rendus publics. En plus des données et de l'information de la Commission canadienne des grains sur la qualité des récoltes, presque toutes les associations de producteurs et entreprises céréalières canadiennes ont recours aux analyses effectuées par les sociétés céréalières, et certaines utilisent les analyses faites par des laboratoires indépendants. Selon ces représentants, ils utilisent les rapports de la Commission canadienne des grains afin de parfaire leur compréhension de la qualité de la campagne agricole et comme point de comparaison, mais en fin de compte, ils dépendent des essais effectués par les entreprises céréalières à l'égard des facteurs exacts dont ils ont besoin aux fins de leur utilisation finale/fonctionnalité prévue.

De même, presque tous les producteurs qui obtiennent des grades non officiels du Programme d'échantillons de récolte (93 %) obtiennent également des grades des entreprises céréalières, et 15 % obtiennent des grades officiels de laboratoires privés ou de sources indépendantes. Les producteurs comparent les grades non officiels de la Commission canadienne des grains aux grades et évaluations des acheteurs, et n'ont généralement recours qu'à des laboratoires d'analyse ou des fournisseurs indépendants pour obtenir une analyse plus poussée et des facteurs techniques qui ne sont pas inclus dans le grade non officiel du Programme d'échantillons de récolte.

Rendement

Efficacité de l'atteinte des résultats escomptés

La section suivante évalue le rendement du Programme d'échantillons de récolte selon les aspects suivants : le degré d'atteinte des résultats escomptés, la démonstration d'efficacité et d'économie ainsi que la pertinence de sa conception et de son exécution.

Résultats immédiats

Le programme réussit très bien à atteindre ses objectifs immédiats, qui consistent à :

  • soutenir les activités du programme d'assurance de la qualité et du programme de recherches sur la qualité des grains grâce à la collecte de matériel d'échantillons;
  • accroître la connaissance qu'ont les producteurs de la qualité de leurs grains;
  • sensibiliser davantage les acheteurs et transformateurs canadiens et étrangers à la qualité des grains canadiens.

Les bénéficiaires du programme en sont globalement très satisfaits.

Efficacité du Programme d'échantillons de récolte à soutenir les activités du programme d'assurance de la qualité et du programme de recherches sur la qualité des grains

Tous les représentants de la Commission canadienne des grains ont signalé que le Programme d'échantillons de récolte avait une incidence majeure sur le soutien des activités du programme d'assurance de la qualité et du programme de recherches sur la qualité des grains (cote moyenne attribuée de 4,6 sur 5). Selon le personnel et la direction, le Programme d'échantillons de récolte constitue la seule source de matériel approprié d'échantillons (60 %). Ils ont par ailleurs indiqué que le matériel convient à l'élaboration de normes de classement (40 %), qu'il représente bien les grains et l'accès à des échantillons purs prélevés par des producteurs (32 %) et qu'il permet un suivi à long terme des grades et une évaluation des facteurs de classement (32 %).

Les documents du programme démontrent que le Programme d'échantillons de récolte aide la Commission canadienne des grains à assumer ses responsabilités mandatées par le gouvernement fédéral en offrant une source annuelle d'échantillons non mélangés prélevés par des producteurs, ce qui maximise l'éventail de variétés, les facteurs environnementaux et les caractéristiques de qualité. Les analyses de la transformation et des qualités à l'utilisation finale du matériel d'échantillons servent à étayer les définitions et les tolérances du système de classement des grains du Canada, comme l'élaboration et le suivi de tableaux opérationnels d'étalonnage dans le proche infrarouge (NIR) et de la teneur en eau, ainsi que l'élaboration continue de méthodes de travail en laboratoire pour évaluer la qualité des grains. Les échantillons permettent aussi de recenser et d'obtenir du matériel présentant des facteurs de classement précis nécessaires à la préparation d'échantillons types. Ces échantillons types sont par la suite utilisés partout au Canada pour favoriser un classement visuel et une inspection cohérents. Enfin, le Programme d'échantillons de récolte constitue la source de matériel principale ou la plus complète pour la majorité des travaux de recherche menés dans le cadre du programme de recherches sur la qualité des grains. L'ensemble d'échantillons purs provenant des exploitations agricoles et n'ayant pas été mélangés, et dont les origines géographiques sont connues et diversifiées, rend le matériel obtenu différent et, dans certains cas, préférable aux échantillons prélevés de cargaisons, à ceux provenant de sélectionneurs, ou aux échantillons composites obtenus de silos, d'associations ou d'autres intervenants.

Les rapports annuels sur la qualité des récoltes et l'information générée grâce aux échantillons du programme viennent également appuyer l'obligation de la Commission canadienne des grains de mettre en œuvre un système de classement qui répond aux exigences d'une commercialisation efficace au pays et à l'étranger. Le grade non officiel et l'évaluation fournis sans frais aux producteurs participants leur donnent de l'information sur la qualité pouvant étayer leur stratégie de commercialisation. De plus, la distribution gratuite de résultats objectifs et indépendants sur la qualité des récoltes, obtenus grâce à des échantillons provenant de toutes les régions productrices du Canada, aide à faire en sorte que l'information résultante sur la qualité des récoltes soit considérée par les producteurs, manutentionnaires, marchands et utilisateurs finaux comment étant une évaluation globale précise de la qualité des grains cultivés lors d'une année donnée, qui tient compte de la variabilité environnementale et variétale. L'utilisation des rapports sur la qualité des récoltes en tant qu'indicateur précoce des facteurs de classement prédominants et des enjeux de qualité pour une campagne agricole donnée permet à la Commission canadienne des grains et à l'industrie céréalière d'élaborer et de mettre en œuvre des stratégies préventives afin d'atténuer l'impact de ces facteurs, et de communiquer ces stratégies aux acheteurs et utilisateurs finaux. L'analyse des échantillons du programme inclut les caractéristiques de qualité qui sont importantes pour les acheteurs, mais qui ne se reflètent pas dans le grade numérique comme le rendement à la mouture et l'absorption au farinographe. Cela devient de plus en plus essentiel à une commercialisation efficace des grains canadiens, étant donné que les décisions d'achat sont de plus en plus influencées par des différences subtiles qui se répercutent sur la qualité de transformation.

Afin que les activités et objectifs du programme d'assurance de la qualité et du programme de recherches sur la qualité des grains soient mieux soutenus, les représentants de la Commission canadienne des grains ont suggéré que le Programme d'échantillons de récolte ait un contrôle accru du type et de la quantité de matériel envoyé par les producteurs, afin que la Commission canadienne des grains puisse recevoir un nombre adéquat d'échantillons qui soient représentatifs et statistiquement fondés (65 %). Parmi les suggestions mentionnées, il y avait : modifier les enveloppes d'échantillons pour permettre d'inclure dans le rapport des données sur la superficie et le poids en tonnes, accroître la promotion du programme et inclure des essais et de l'information supplémentaires sur la qualité pour les producteurs comme le taux d'impuretés, les facteurs de classement et le test d'amidon pour les légumineuses.

Connaissances accrues des producteurs au sujet de la qualité de leurs grains pour mieux commercialiser leurs récoltes

La plupart des producteurs participants ayant répondu au sondage (90 %) ont déclaré que les renseignements sur la qualité et les grades non officiels fournis dans le cadre du Programme d'échantillons de récolte étaient utiles ou très utiles pour ce qui est d'accroître leurs connaissances pour leur permettre de mieux commercialiser leurs grains (note moyenne de 4 sur 5). Les producteurs ont expliqué que le classement non officiel de la Commission canadienne des grains leur permettait de mieux comprendre la qualité de leurs grains avant de soumettre des échantillons à des acheteurs éventuels, ce qui les aidait à évaluer de manière éclairée les offres qu'ils recevaient d'acheteurs éventuels (62 %).

Environ 18 % des producteurs utilisent les connaissances qu'ils tirent du classement non officiel pour déterminer les marchés les plus propices pour leurs grains et élaborer une stratégie de commercialisation appropriée. Par exemple, les producteurs utilisent l'information pour mieux comprendre qui est l'acheteur (une usine d'aliments par rapport à un silo à grains) et élaborer la meilleure stratégie de commercialisation possible (p. ex. contrats à terme pour la farine de haute qualité, mélange à la ferme ou ciblage des acheteurs intéressés par le mélange). Certains producteurs ont laissé entendre que l'information était la plus utile lorsque leurs produits étaient considérablement déclassés et qu'ils devaient se tourner vers d'autres marchés.

La faible minorité (8 %) de producteurs qui ne jugeaient pas les résultats du Programme d'échantillons de récolte utiles sur le plan de la commercialisation de leurs grains ont indiqué le plus souvent que les acheteurs établissaient le grade et le prix en fonction de leurs propres tests (17 %), que les résultats n'étaient pas suffisamment opportuns (17 %), que les grades établis par la Commission canadienne des grains n'étaient pas officiels (12 %) ou qu'ils n'avaient pas besoin des résultats (12 %). Un certain nombre de producteurs (13 %) ont mentionné qu'ils n'avaient pas reçu les résultats, ce qui pourrait indiquer un manque de compréhension du processus de déclaration des résultats dans le cadre du programme (c.-à-d. que les producteurs pourraient croire à tort que les résultats leur seront envoyés par courriel ou par la poste ou ne pas pouvoir se connecter sur le site pour récupérer leurs résultats).

En moyenne, les producteurs nationaux comprennent moins l'utilité des grades non officiels et des renseignements qui leur sont fournis. Les associations de producteurs et de l'industrie qui utilisent les rapports s'attendent à ce que les grades non officiels liés au Programme d'échantillons de récolte soient assez utiles ou utiles pour les producteurs (note moyenne de 3,5 sur 5), et les associations qui n'utilisent pas les rapports de la Commission canadienne des grains s'attendent à ce qu'ils soient seulement assez utiles (note moyenne de 2,8 sur 5). Tandis que les intervenants nationaux croient que les grades objectifs fournis sans frais doivent être au moins assez utiles pour permettre aux producteurs de mieux connaître la qualité de leurs grains, certaines associations de producteurs et de l'industrie soulignent que leur utilité dépend de la participation des producteurs au programme et de la validité de leur méthode d'échantillonnage. Quelques associations ont affirmé que le grade non officiel et les résultats faisaient abstraction de certaines caractéristiques essentielles, comme les grains fusariés et l'indice de chute pour le blé, et de caractéristiques précises liées à la transformation pour l'utilisation finale en ce qui concerne les lentilles et le soja de qualité alimentaire, et que le grade n'était pas suffisamment opportun pour répondre aux besoins des producteurs en matière de commercialisation, particulièrement en ce qui a trait aux produits mis en marché immédiatement après la récolte, notamment les légumineuses, les haricots et les pois. 

Efficacité pour mieux renseigner les intervenants au sujet des récoltes de grains canadiens

Tous les acheteurs et les transformateurs internationaux de grains canadiens ont affirmé que l'information découlant du Programme d'échantillons de récolte était utile ou très utile pour ce qui est de les aider à prendre des décisions d'affaires éclairées (note moyenne de 4,6 sur 5). Presque tous les répondants (92 %) ont expliqué qu'ils prenaient leurs décisions en matière d'achats en s'appuyant sur l'information relative aux protéines et les précisions concernant la distribution de la qualité et les régions productrices incluses dans les rapports annuels sur la qualité des récoltes de la Commission canadienne des grains. Le tiers (33 %) d'entre eux ont affirmé qu'ils se fondaient sur les renseignements pour éclairer leurs activités de transformation, par exemple en adaptant leurs propres recettes en matière de mélange et de mouture en fonction des rapports. Ils peuvent aussi se fier sur les rapports quand vient le temps d'informer leurs clients au sujet des changements sur le plan de la qualité susceptibles d'avoir une incidence sur la fonctionnalité à l'étape de la transformation ou de l'utilisation finale.

Les membres des associations de producteurs et de l'industrie qui utilisent les rapports sur la qualité des récoltes de la Commission canadienne des grains les trouvent également très utiles pour prendre des décisions d'affaires réfléchies (note moyenne de 4,5 sur 5). La plupart d'entre eux considèrent les rapports et les renseignements comme très importants pour les acheteurs, en particulier pour les clients internationaux. Ils affirment que des données probantes concernant la teneur en protéines et en huile plus élevée et la qualité et l'uniformité globales des grains ainsi que les problèmes d'insectes moins importants au Canada sont essentielles à la capacité du Canada de faire concurrence aux principaux pays exportateurs de grains. Les entreprises céréalières nationales et les acheteurs ont aussi affirmé que les rapports et les renseignements sur la qualité des récoltes étaient utiles (note moyenne de 4,1 sur 5). La plupart des sociétés céréalières et des acheteurs (60 %) ont mentionné que les rapports offraient une bonne indication de la qualité globale des grains. La plupart d'entre eux les utilisent comme référence aux fins de comparaison et s'appuient principalement sur d'autres sources d'information sur la qualité des récoltes, mais croient toutefois qu'ils sont importants pour les acheteurs internationaux et qu'ils sont pratiques pour instaurer la confiance.

Certains informateurs clés ont déclaré que les renseignements sur la qualité des récoltes étaient beaucoup plus utiles pour le blé, le canola et le blé dur ambré que pour le soja de qualité alimentaire. Selon ces informateurs, un nombre relativement faible d'acheteurs achètent des variétés particulières de soja de qualité alimentaire expédiées par conteneur. Les arrangements d'achat prennent souvent la forme de contrats à terme, selon lesquels les producteurs doivent cultiver une variété particulière de soja sur une superficie précise pour le compte d'un acheteur. Selon les informateurs clés, les grades établis par la Commission canadienne des grains pour le soja ne sont pas pertinents pour les acheteurs, parce qu'il s'agit de grades précis qui ne sont pas propres à une variété particulière et qu'ils ne comportent pas de renseignements relatifs à des caractéristiques fonctionnelles particulières souhaitées aux fins de la transformation et de l'utilisation finale, notamment en ce qui concerne le tofu, le lait de soja et les haricots matures non transformés. Parmi les caractéristiques fonctionnelles recherchées par les acheteurs, mentionnons la capacité des protéines de soja d'épaissir (viscosité), de s'émulsifier, de former des gels et de la mousse, de produire des pellicules et du soufre, d'absorber l'eau ou les matières grasses et de créer des structures texturées comme la viandeNote de bas de page 27. D'autres informateurs clés ont affirmé que le marché du soja non génétiquement modifié (GM) s'appuie sur ses propres tests et analyses. Pour que les grades et les renseignements sur la qualité des récoltes fournis par la Commission canadienne des grains soient plus utiles pour les acheteurs de soja, les informateurs clés ont affirmé qu'un nombre suffisant d'échantillons devraient appuyer les analyses selon l'utilisation finale prévue plutôt que la distinction actuelle entre les haricots de qualité alimentaire et les haricots broyés. On a mentionné que cela ne serait peut-être pas réalisable ou souhaitable, puisque les acheteurs de soja disposent de leurs propres laboratoires et effectuent eux-mêmes les analyses nécessaires.

La plupart des représentants de la Commission canadienne des grains interrogés (92 %) ont affirmé que le Programme d'échantillons de récolte était utile ou très utile pour ce qui est de mieux renseigner les intervenants externes au sujet des récoltes de grains canadiens pour leur permettre de prendre des décisions d'affaires éclairées. La majorité des représentants (72 %) ont déclaré que les renseignements étaient très importants pour appuyer les acheteurs internationaux sur le plan de leurs décisions en matière d'achats et de transformation. Parmi les exemples fournis, mentionnons l'utilisation, par les clients, des rapports sur la qualité de la Commission canadienne des grains pour établir une comparaison avec le Dakota du nord et l'utilisation des données historiques de la Commission canadienne des grains pour comparer les régimes climatiques et formuler des prévisions fondées sur la qualité des récoltes antérieures.

Les représentants de la Commission canadienne des grains ont indiqué que si les rapports sur la qualité des récoltes et l'information de cette dernière n'étaient pas accessibles pour les intervenants intéressés, il y aurait beaucoup plus d'inconnues en ce qui a trait à la qualité des récoltes canadiennes (33 %) et les acheteurs feraient face à des risques et à des coûts accrus car ils devraient investir davantage dans leurs propres tests et analyses (33 %). Certains représentants (20 %) ont laissé entendre que des risques accrus pourraient entraîner une baisse des prix des produits de base.

Résultats intermédiaires

Le Programme d'échantillons de récolte a atteint les résultats intermédiaires escomptés, qui consistent à :

  • améliorer la capacité des producteurs de négocier le prix et le grade de leurs grains;
  • accroître la confiance des intervenants à l'égard de la qualité, des facteurs de classement et des caractéristiques des grains canadiens;
  • fournir de l'information utile à l'industrie céréalière nationale pour la commercialisation des grains canadiens.
Efficacité du Programme d'échantillons de récolte pour aider les producteurs à négocier le prix et le grade de leurs grains

La moitié des producteurs participants (50 %) trouvent que le classement non officiel des grains est utile ou très utile pour les aider à négocier le grade et le prix de leurs grains, et 31 % d'entre eux le jugent assez utile (note moyenne de 3,6 sur 5). Pour la majorité des producteurs (52 %), même si les acheteurs de grains peuvent ne pas reconnaître et accepter le grade non officiel, ils peuvent l'utiliser comme référence aux fins de comparaison et solliciter des offres de plusieurs acheteurs en cas de divergence. Près du quart des producteurs (22 %) s'appuient effectivement sur le grade non officiel lorsqu'ils négocient avec des acheteurs et ont expliqué que les résultats leur procurent l'assurance nécessaire pour contester lorsque l'offre qui leur est présentée est inférieure au grade établi dans le cadre du Programme d'échantillons de récolte. Le quart de ces producteurs ont déclaré que les acheteurs s'en remettaient généralement au grade établi par la Commission canadienne des grains en cas de divergence. Par exemple, pour la teneur en protéines, un producteur a reçu une évaluation de 13,9 % de la Commission canadienne des grains et de 12,3 % de l'acheteur, ce qui représentait une différence de prix de 0,45 $ le boisseau. Après avoir vu les résultats de la Commission canadienne des grains, l'acheteur a repris son évaluation et payé le prix correspondant à la teneur en protéines la plus élevée.

Enfin, certains producteurs (10 %) ont indiqué qu'en les aidant à déterminer la meilleure manière de commercialiser leurs grains et de cibler les acheteurs les plus intéressés, le grade non officiel et les renseignements leur permettaient d'obtenir le meilleur prix pour leurs produits.

Les producteurs qui ont affirmé que les résultats du Programme d'échantillons de récolte ne leur étaient pas utiles sur le plan de la négociation du grade et du prix ont déclaré que les acheteurs établissaient le grade et le prix selon leurs propres tests et analyses (43 %) et que l'utilité des résultats du programme était limitée en raison de leur caractère non officiel (15 %). Certains producteurs n'ont pas eu besoin d'utiliser les résultats, car ils ne se sont pas heurtés à des divergences liées aux évaluations des acheteurs (21 %). Lorsqu'on a demandé aux producteurs s'il y avait d'autres raisons pour lesquelles le programme n'était pas utile, environ le tiers d'entre eux (33 %) ont mentionné qu'ils avaient besoin de renseignements plus détaillés concernant le classement et les analyses (p. ex. les facteurs de classement, la détermination des impuretés, la vomitoxine, les maladies, la teneur en protéines, les grains vitreux durs (HVK), la teneur en eau, l'indice de chute, les organismes génétiquement modifiés pour le lin, le poids au boisseau, le pourcentage de pois délavés, et le rapport entre les graines vertes et la teneur en chlorophylle [en parties par million] pour le canola.)

Efficacité du Programme d'échantillons de récolte pour accroître la confiance des destinataires de l'information à l'égard de la qualité, des facteurs de classement et des caractéristiques des récoltes de grains canadiens

La plupart des acheteurs et des transformateurs internationaux de grains canadiens ont affirmé que les renseignements produits par la Commission canadienne des grains avaient eu une incidence ou une incidence importante sur le plan de l'accroissement de leur confiance à l'égard de la qualité, des facteurs de classement et des caractéristiques des grains canadiens (note moyenne de 4,5). Selon ces personnes, des niveaux élevés de confiance quant à la qualité et à l'uniformité des grains canadiens font partie des principaux facteurs qui les incitent à acheter des produits du Canada, et la modernisation du système canadien de classement du blé améliorera encore davantage la qualité du produit. Quelques acheteurs internationaux ont affirmé que les renseignements concernant la génétique et propres aux variétés devenaient de plus en plus importants par rapport à certains critères de classement actuels.

Les représentants de la Commission canadienne des grains ont indiqué que le Programme d'échantillons de récolte avait eu une incidence majeure liée à l'accroissement de la confiance des intervenants externes à l'égard de la qualité, des facteurs de classement et des caractéristiques des cultures céréalières canadiennes (note moyenne de 4,9 sur 5). De même, les représentants des associations de producteurs et de l'industrie, les sociétés céréalières nationales et les acheteurs ont déclaré que les renseignements produits par le programme avaient été utiles ou très utiles pour accroître la confiance parmi les intervenants (notes moyennes de 4,4 et 4,3 sur 5, respectivement). Les représentants de la Commission canadienne des grains ont affirmé que les rapports sur la qualité des récoltes accroissaient la confiance des intervenants en fournissant des données historiques qui montrent l'uniformité des grains canadiens d'une année à l'autre. En outre, on a affirmé que le fait que la Commission canadienne des grains soit un organisme gouvernemental indépendant stimulait la confiance quant à l'autonomie et à la validité du système de classement canadien et des rapports annuels sur les récoltes. Les représentants des associations et des entreprises céréalières nationales ont indiqué que l'information était très utile dans le cadre de leurs interactions avec des acheteurs internationaux, car les intervenants internationaux apprécient la Commission canadienne des grains à titre de source d'information tierce indépendante et fiable en ce qui concerne la qualité des récoltes, particulièrement compte tenu de la fin du monopole de la Commission canadienne du blé.

Les résultats d'un sondage de 2010 mené par Ipsos Reid auprès des producteurs canadiens de grains et d'oléagineux, pour le compte de la Commission canadienne des grains, indiquent que 95 % des producteurs croient que les normes et les grades relatifs aux grains établis par la Commission canadienne des grains contribuent au maintien de la réputation du Canada liée à la qualité uniforme et fiable de ses grainsNote de bas de page 28.

Efficacité du Programme d'échantillons de récolte pour aider l'industrie céréalière nationale à commercialiser les grains canadiens

Tous les acheteurs et les transformateurs internationaux qui se sont exprimés estiment que les renseignements produits par le Programme d'échantillons de récolte sont utiles ou très utiles pour appuyer la commercialisation des grains canadiens (note moyenne de 4,9 sur 5). Les répondants ont expliqué que le facteur de vente et l'avantage concurrentiel plus importants du Canada par rapport aux autres pays exportateurs de grains étaient liés à la qualité élevée et à l'uniformité de ses produits. Certains acheteurs internationaux ont mentionné que les renseignements produits par la Commission canadienne des grains étaient comparables à l'information fournie par les États-Unis, et que le Canada serait nettement désavantagé s'il ne produisait pas des rapports semblables et ne participait pas aux missions relatives aux nouvelles récoltes.

Tous les représentants de la Commission canadienne des grains ont affirmé que le programme avait eu une incidence très importante (60 %) ou une certaine incidence (20 %) pour ce qui est d'aider l'industrie céréalière nationale à commercialiser les grains canadiens (note moyenne de 4,2 sur 5). Les représentants ont signalé que les entreprises céréalières devenaient plus sensibilisées à l'importance des données (36 %) et que les intervenants nationaux comme les usines de trituration du canola et les associations de producteurs demandaient des données supplémentaires sur la qualité pour éclairer leurs stratégies de commercialisation (21 %). Par exemple, au cours des dernières années, la Commission canadienne des grains a reçu :

  • des demandes de la part des Grain Farmers of Ontario et des Ontario Bean Growers concernant des renseignements détaillés sur le blé, les haricots et le soja;
  • une demande du secteur de la trituration du canola pour de l'information sur la teneur en huile selon la variété;
  • une demande de l'organisme Pulse Canada relativement à des recherches portant sur les propriétés fonctionnelles et la valeur nutritive des légumineuses pour appuyer de nouvelles stratégies de commercialisation.

Certains représentants ont mentionné que la Commission canadienne des grains devait s'efforcer davantage de collaborer avec les intervenants nationaux afin de les sensibiliser aux besoins des acheteurs et des transformateurs en matière d'information.

D'une manière générale, les associations de producteurs et de l'industrie, les sociétés céréalières et les acheteurs canadiens jugeaient les renseignements fournis par le Programme d'échantillons de récolte utiles pour ce qui est d'aider l'industrie céréalière nationale à commercialiser les grains canadiens (notes moyennes de 4,4 et 4,1 sur 5, respectivement). Les répondants ont précisé que la réputation de la Commission canadienne des grains à titre de source impartiale d'information et son processus de collecte d'échantillons de grains à l'échelle nationale rendaient les renseignements très utiles. Tous les informateurs clés ont convenu que l'information était très utile pour ce qui est d'appuyer l'industrie céréalière sur le plan de la commercialisation des grains canadiens sur les marchés internationaux, en soulignant la diffusion des rapports sur la qualité des récoltes par la Commission canadienne des grains et les renseignements fournis aux acheteurs dans le cadre de missions commerciales intérieures et extérieures.

Résultats finaux

Le Programme d'échantillons de récolte contribue à l'atteinte du résultat stratégique suivant de la Commission canadienne des grains, à savoir que « Les grains du Canada sont salubres, fiables et commercialisables et les producteurs de grain canadiens sont dûment rémunérés pour les livraisons de grain aux entreprises céréalières agréées ». Comme nous l'avons précisé précédemment, le programme est efficace pour ce qui est d'appuyer les responsabilités législatives de la Commission canadienne des grains qui consistent à recommander et à établir des grades et des normes concernant les grains, à mettre en œuvre un système de classement et d'inspection des grains canadiens qui permet d'assurer une commercialisation efficace au Canada et à l'étranger et de mener, de parrainer et de promouvoir des travaux de recherche sur les grains et les produits à base de grain. Les producteurs participants utilisent les grades non officiels pour éclairer leurs stratégies de communication et pour négocier un prix concernant leurs grains. Les rapports annuels sur la qualité des récoltes de la Commission canadienne des grains sont largement utilisés par les intervenants intéressés pour soutenir la commercialisation des grains et des oléagineux canadiens.

Efficacité et efficience

Le Programme d'échantillons de récolte utilise efficacement le personnel et les autres ressources. Le coût de l'envoi de trousses d'échantillonnage par la poste aux producteurs inscrits non participants, dont bon nombre ont pris leur retraite, ont déménagé ou sont décédés, a une incidence négative sur l'efficacité du programme. D'autres mesures visant à repérer et à retirer les producteurs inscrits inactifs et à accroître l'inscription et la participation des producteurs amélioreraient l'efficacité et l'efficience du programme.

Dépenses du programme

La conception du programme est efficace et rentable. À l'exception du personnel nommé pour une période déterminée embauché pour préparer les envois postaux relatifs aux échantillons, les ressources humaines du programme sont partagées avec le Laboratoire de recherches sur les grains, la division des Services à l'industrie et le programme des Services internes. Bien qu'un montant total de 750 000 $ soit affecté chaque année à l'exécution du programme, celui-ci ne dispose d'aucun budget fixe. Les dépenses du programme fluctuent selon le nombre d'échantillons reçus ainsi que la portée et le type des analyses effectuées à chaque récolte, qui peuvent varier en fonction de la présence de facteurs de classement et de leur gravité ainsi que de l'occurrence d'inondations. En outre, pour chaque année de récolte, un ou plusieurs secteurs d'intérêt sont désignés pour faire l'objet d'une analyse supplémentaire plus détaillée selon une culture particulière, une technique minotière ou un autre facteur. Comme le montre le tableau 5.9, les dépenses du programme se sont établies, en moyenne, à environ 660 000 $ au cours des cinq dernières années, allant de 512 364 $ au cours de l'exercice 2011 à 2012 à un sommet de 835 481 $ pour l'exercice 2012 à 2013. La plupart des écarts sur le plan des dépenses du programme découlent de différences au titre des dépenses salariales liées :

  • au niveau d'effort nécessaire au traitement et au classement des échantillons soumis et de l'analyse de leur nombre changeant,
  • au niveau d'effort associé à la qualité variable des cultures
  • au nombre de projets de recherche spéciaux mis en œuvre.
Tableau 5.9 : Dépenses du Programme d’échantillons de récolte, de l’exercice 2010 à 2011 à l’exercice 2014 à 2015
Dépenses De 2010 à 2011 De 2011 à 2012 De 2012 à 2013 De 2013 à 2014 De 2014 à 2015
Total des dépenses d’exploitation 98 758 $ 106 141 $ 78 111 $ 82 935 $ 66 758 $
En pourcentage du total 13 % 21 % 9 % 15 % 10 %
Total des dépenses salariales 670 324 $ 406 223 $ 757 369 $ 458 488 $ 581 559 $
En pourcentage du total 87 % 79 % 91 % 85 % 90 %
Total des dépenses 769 083 $ 512 364 $ 835 481 $ 541 424 $ 648 317 $

Source : Rapports sur les dépenses cumulatives du Programme d’échantillons de récolte, de 2010 à 2011 à 2014 à 2015

Le tableau suivant présente le coût moyen par échantillon soumis, selon les dépenses totales du programme pour les années 2010 à 2014.

Tableau 5.10 : Dépenses du Programme d’échantillons de récolte, de l’exercice 2010 à 2011 à l’exercice 2014 à 2015
Dépenses De 2010 à 2011 De 2011 à 2012 De 2012 à 2013 De 2013 à 2014 De 2014 à 2015
Dépenses totales 769 083 $ 512 364 $ 835 481 $ 541 424 $ 648 317 $
Échantillons soumis 8 755 7 197 7 495 5 698 9 389
Coût par échantillon 87,85 $ 71,19 $ 111,47 $ 95,02 $ 69,05 $

Le personnel et la direction de la Commission canadienne des grains jugeaient le Programme d'échantillons de récolte rentable en ce qui a trait à la réalisation des extrants et des résultats prévus (note moyenne de 4,1 sur 5). Les représentants ont mentionné que le programme produisait beaucoup de résultats dans un délai très limité avec un personnel restreint (25 %) et qu'il utilisait bien le personnel occasionnel pour maintenir des coûts de main-d'œuvre peu élevés (15 %). Près des trois quarts (72 %) des employés et des gestionnaires ont affirmé que la conception actuelle du programme constituait l'option la plus efficace et la plus rentable, et 56 % d'entre eux ont souligné que le processus actuel fondé sur la collecte directe d'échantillons auprès des producteurs était la méthode la plus efficace et la plus rentable utilisée jusqu'à maintenant par la Commission canadienne des grains.

Manque d'efficacité lié aux producteurs inscrits inactifs

Étant donné que les producteurs inscrits au Programme d'échantillons de récolte sont nettement plus âgés que les membres de la collectivité agricole, les coûts de l'envoi par la poste de trousses d'échantillonnage aux producteurs inscrits non participants qui ont pris leur retraite, qui ont déménagé ou qui sont décédés ont une incidence négative sur l'efficacité du programme. Comme le montre la figure ci-dessous, le taux de réponse global moyen pour l'ensemble des producteurs inscrits a diminué, passant de 45,3 % en 2011 à 29,5 % en 2014.

Figure 5.11 : Taux de réponse global par région de 2011 à 2014

Détails
Figure 5.11 : Taux de réponse global par région de 2011 à 2014
Région 2011 2012 2013 2014
Est 31,8 % 25,7 % 9,3 % 13,6 %
Ouest 45,3 % 36,2 % 23,2 % 29,5 %
Tous les producteurs 41,1 % 33,0 % 18,9 % 24,6 %

La Commission canadienne des grains a pris des mesures à l'égard de la baisse du taux de croissance. En 2015, 2 572 producteurs qui n'avaient pas soumis d'échantillons au cours des trois années précédentes ont été retirés de la base de données, ce qui a entraîné une économie nette de plus de 10 000 $. Étant donné que près de 73 % des participants ayant répondu au sondage étaient âgés de 51 ans et plus, et que 53 % étaient âgés de 64 ans et plus, des efforts soutenus seront désormais nécessaires pour repérer et retirer les participants inactifs et pour recruter des producteurs plus jeunes.

En outre, il existe des différences importantes sur le plan du taux de réponse moyen selon le produit, comme le montre la figure A ci-dessous. Une répartition complète des taux de réponse selon le produit et l'année est présentée à l'annexe 4. Des efforts supplémentaires visant à permettre aux producteurs de choisir les produits pour lesquels ils recevront des enveloppes d'échantillons pourraient contribuer à réduire le nombre d'enveloppes postées aux producteurs participants qui ne sont pas utilisées.

Figure 5.12 : Taux de réponse moyen par produit de 2011 à 2014

Détails
Figure 5.12 : Taux de réponse moyen par produit de 2011 à 2014
Produit Taux de réponse moyen de 2011 à 2014
Soja 14,6 %
Pois 48,3 %
Haricots ronds blancs 49,8 %
Moutarde 21,3 %
Lentilles 84,6 %
Lin 18,5 %
CWSWS 32,8 %
CWRW 34,2 %
CWRS 47,7 %
CWHWS 9,3 %
CWGP 48,0 %
CWES 7,8 %
CWAD 47,0 %
CPSW 9,9 %
CPSR 20,9 %
Pois chiches 22,1 %
CEWW 20,2 %
CESRW 20,9 %
CERW 27,6 %
CERS 20,4 %
Canola 26,9 %
Haricots 20,4 %

Conception et exécution du programme

La conception actuelle du programme est la plus appropriée selon les besoins des bénéficiaires du programme. Les méthodes d'échantillonnage différentes définies ne répondraient pas aux besoins internes du programme de la Commission canadienne des grains concernant des échantillons purs au niveau des producteurs, n'aideraient pas ces derniers à commercialiser leurs grains et à négocier le grade et le prix de leurs produits ou engendreraient des coûts prohibitifs. La transition du Programme d'échantillons de récolte à un mécanisme de perception de frais de service entraînerait une baisse importante de la participation des producteurs, et donc une incapacité de répondre aux besoins internes de la Commission canadienne des grains et à ceux des bénéficiaires externes du programme. Bien que les bénéficiaires soient généralement satisfaits de la conception et de l'exécution du programme, l'évaluation a permis de cerner des possibilités d'améliorer encore davantage le programme.

Modèles de programmes utilisés par d'autres pays

L'analyse comparative des sondages sur les récoltes et des rapports annuels sur la qualité des récoltes produits par des pays concurrents (c.-à-d. les États-Unis, l'Australie, la France et le Royaume-Uni) n'a pas révélé de modèles différents viables pour le Programme d'échantillons de récolte. Les méthodes d'échantillonnage utilisées aux fins des sondages et des rapports annuels sur la qualité des récoltes des US Wheat Associates, de l'enquête annuelle sur les récoltes de FranceAgriMer/Arvalis et du rapport sur la qualité des blés français comportent la collecte d'échantillons composites provenant de silos à grains intérieurs. Ces méthodes ne répondraient pas aux besoins des gestionnaires de programmes et des scientifiques de la Commission canadienne des grains concernant des échantillons purs au niveau des producteurs, n'aideraient pas ces derniers à commercialiser leurs grains et à négocier le grade et le prix de leurs produits et reproduiraient la méthode d'échantillonnage de l'Institut international du Canada pour le grain, ce qui entraînerait une concurrence entre les deux organisations relativement aux échantillons dans la région des Prairies.

Deux des programmes examinés dans le cadre de l'analyse comparative comportaient des modèles fondés sur un échantillonnage direct auprès des producteurs et pourraient fournir aux participants les mêmes renseignements que ceux qu'ils reçoivent dans le cadre du Programme d'échantillons de récolte. Le premier, le « rapport sur la qualité du blé australien » de l'Australian Export Grains Innovation Centre (AEGIC), est basé sur le modèle du Programme d'échantillons de récolte. L'Australian Export Grains Innovation Centre collabore avec l'association de producteurs Grain Growers pour obtenir des échantillons directement des producteurs, qui retournent des sacs d'échantillons par la poste. Contrairement à la pratique dans le cadre du Programme d'échantillons de récolte, les producteurs doivent payer les frais de port de retour relatifs à leurs échantillons de récolte. Jusqu'à maintenant, ce programme n'a pas réussi à atteindre un nombre d'échantillons comparable à celui du Programme d'échantillons de récolte (en 2015, il a permis de recueillir 1 000 échantillons seulement). L'obligation des producteurs de payer les frais de port de retour pour leurs soumissions d'échantillons entraînerait une diminution importante de la participation au Programme d'échantillons de récolte. Le second programme est exploité par le laboratoire d'analyse de Great Plains aux États-Unis. Les participants doivent payer des frais d'abonnement et reçoivent la visite de représentants itinérants qui recueillent directement les échantillons. En échange, les participants ont accès aux résultats confidentiels de l'analyse. Étant donné que peu de participants au Programme d'échantillons de récolte ayant répondu au sondage sont disposés à payer pour des tests d'analyse, et que la plupart d'entre eux ont déclaré qu'ils ne participeraient plus au programme si des frais de service étaient perçus, le modèle fondé sur un abonnement payant ne constitue pas une solution de rechange viable pour le programme. 

Un programme comparable dans le cadre duquel on recueille des échantillons exclusivement auprès de laboratoires d'analyse est exploité par la division des céréales et des oléagineux du Conseil de développement de l'agriculture et de l'horticulture (Agriculture and Horticulture Development Board) du Royaume-Uni. La division des céréales et des oléagineux produit des rapports réguliers sur les résultats d'enquêtes sur la qualité des céréales fondés sur les échantillons provenant des laboratoires d'analyse. Comme la plupart des grandes sociétés céréalières du Canada effectuent leurs propres analyses de laboratoire, et très peu de producteurs soumettent des échantillons payés à des laboratoires d'analyse (seulement 69 des 1 168 participants au Programme d'échantillons de récolte sondés soumettent des échantillons à des laboratoires d'analyse et 104 en soumettent à des tiers fournisseurs de services), ce modèle n'entraînerait pas un nombre d'échantillons suffisant pour répondre aux besoins internes de la Commission canadienne des grains ou aux besoins des bénéficiaires externes.

Même si aucun des programmes semblables repérés dans des pays concurrents n'offrait un modèle différent viable, certaines pratiques exemplaires ou leçons ont été cernées.

La pratique des US Wheat Associates qui consiste à mettre à jour les données en ligne sur la qualité des récoltes tous les vendredis, lorsque des échantillons sont reçus et analysés pendant la saison des récoltes (de mai à octobre), permet aux acheteurs et aux intervenants intéressés de savoir précisément quand ils doivent consulter la page Web pour obtenir l'information la plus récente sur les récoltes. Les partenariats des US Wheat Associates et de la division des céréales et des oléagineux du Conseil de développement de l'agriculture et de l'horticulture du Royaume-Uni avec des laboratoires d'analyse pour prélever du matériel d'échantillons offrent une source supplémentaire de matériel d'échantillons pour le Programme d'échantillons de récolte.

La pratique de l'Australian Export Grains Innovation Centre qui consiste à relier les échantillons soumis par les producteurs au tonnage concerné permet une évaluation plus précise de la représentativité des échantillons recueillis. Dans ce contexte, les producteurs soumettent trois kilogrammes par tranche de 1 000 tonnes de chacune des variétés principales qu'ils produisent. Le système de résultats en ligne de l'Australian Export Grains Innovation Centre fournit aux producteurs une comparaison directe sur une base annuelle (pour les producteurs qui participent au programme chaque année) et une comparaison de leurs résultats avec les résultats d'échantillons composites régionaux et nationaux. La conception actuelle du Programme d'échantillons de récolte permet aux producteurs d'obtenir ce type de comparaison; toutefois, ils doivent à cette fin suivre leurs résultats d'une année à l'autre et consulter les rapports sur la qualité des récoltes sur le site Web de la Commission canadienne des grains. Le sondage mené auprès des producteurs révèle qu'une très faible minorité de producteurs participants sont au courant de cette option et comparent effectivement leurs résultats avec les données régionales et nationales.

Efficacité de la conception et de l'exécution du programme pour répondre aux besoins de la Commission canadienne des grains

Les entrevues réalisées auprès de représentants de la Commission canadienne des grains et l'examen des documents du programme révèlent que la conception et l'exécution du Programme d'échantillons de récolte répondent efficacement aux besoins de la Commission canadienne des grains. La méthode actuelle fournit du matériel d'échantillons suffisant pour appuyer les activités et les objectifs des programmes d'assurance de la qualité et de recherches sur la qualité des grains. On pourrait améliorer l'exécution du programme en accroissant le nombre de producteurs inscrits au programme et en instaurant un mode stratégique de ciblage des soumissions d'échantillons qui assurerait une représentation statistiquement valide des régions productrices et des produits. Afin d'améliorer la conception et l'exécution du programme, les représentants ont suggéré que l'on élabore un système d'envoi de courriels et d'avis automatisés aux producteurs. Par exemple, on pourrait envoyer des courriels aux producteurs pour leur rappeler de soumettre des échantillons ou les informer que leurs résultats sont disponibles, ou encore leur envoyer leurs résultats sous forme électronique. On pourrait également améliorer le programme en ciblant des régions sous-représentées particulières.

Les processus actuels de suivi et de rapports concernant le rendement du programme sont largement suffisants pour appuyer la prise de décisions à l'interne; ils pourraient toutefois être améliorés au moyen de la surveillance de la superficie et du tonnage relatifs aux échantillons soumis et du suivi du nombre de producteurs qui sont retirés de la base de données du programme et qui s'y ajoutent chaque année.

5.6.3 Efficacité de la conception et de l'exécution du programme pour répondre aux besoins des producteurs

Les sondages menés auprès des producteurs participants montrent que le Programme d'échantillons de récolte répond très efficacement aux besoins de ces derniers. Une vaste majorité de producteurs sont satisfaits ou très satisfaits des services et des renseignements qu'ils reçoivent (87 %) et trouvent que l'information fournie est pertinente et utile (85 %). Ces résultats sont considérablement plus élevés que ceux du sondage de 2010 d'Ipsos Reid sur la satisfaction des producteurs, qui indiquaient que 59 % des producteurs qui avaient utilisé les services de classement des grains de la Commission canadienne des grains au cours des trois années précédentes étaient satisfaits ou très satisfaitsNote de bas de page 29. Presque tous les répondants sont d'accord ou tout à fait d'accord avec l'affirmation selon laquelle les enveloppes arrivent à temps et la date limite du 1er novembre leur donne le temps de soumettre leurs échantillons (94 %), et ils peuvent facilement soumettre leurs échantillons de grains (96 %). Tandis que la plupart des producteurs (84 %) trouvent qu'ils ont facilement accès à leurs résultats, certains ont signalé des difficultés pour se connecter au système du Programme d'échantillons de récolte ou pour obtenir leurs résultats par téléphone. Des producteurs qui avaient perdu leur numéro de trousse du programme se sont dits frustrés de n'avoir pas pu se connecter par courriel ou parler à un représentant pour récupérer leur information. En outre, certains producteurs ont semblé ne pas comprendre le mode de diffusion des résultats, car ils s'attendaient à ce qu'ils leur soient envoyés par courriel ou par la poste.

Pour la plupart des producteurs (80 %), il est important ou très important que les services de classement non officiel, de détermination des impuretés et d'évaluation de la qualité assurés par le programme demeurent sans frais. Près de la moitié (45 %) des producteurs inscrits ne participeraient probablement pas au programme si des frais de service étaient perçus, et 28 % d'entre eux ont laissé entendre qu'il serait assez probable qu'ils continuent d'y participer. Seulement 13 % des producteurs sondés paient pour obtenir un autre grade et une autre évaluation de la qualité, et ces derniers le font le plus souvent parce qu'ils ont besoin de facteurs techniques qui ne sont pas inclus dans le grade non officiel et l'évaluation du Programme d'échantillons de récolte.

Lorsqu'on leur a demandé comment l'exécution du Programme d'échantillons de récolte pourrait être améliorée, les producteurs interrogés ont formulé le plus souvent les recommandations qui suivent.

Accroître la souplesse de l'interface en ligne et du système téléphonique

Environ 21 % des producteurs ayant répondu au sondage ont demandé que la Commission canadienne des grains envoie par courriel les résultats ou un avis précisant qu'ils sont disponibles, ou qu'elle envoie les résultats par la poste aux personnes qui en font la demande. Quelques producteurs ont demandé que la Commission canadienne des grains règle les problèmes relatifs au système en ligne ou au système automatisé de messagerie vocale, en citant des difficultés pour récupérer le NIP ou le numéro de connexion et pour mettre à jour leurs préférences concernant les échantillons. Certains producteurs ont également indiqué que la présentation de l'évaluation non officielle du grade et de la qualité dans un format imprimable d'apparence plus professionnelle pourrait accroître encore davantage son utilité sur le plan de la commercialisation.

Intégrer des critères de qualité supplémentaires au grade non officiel et à l'évaluation

Près du tiers (29 %) des producteurs sondés ont affirmé que l'on pourrait améliorer le programme en intégrant à l'évaluation une explication plus détaillée des facteurs de déclassement de même que l'indice de chute, la détermination des impuretés, la teneur en eau, la teneur en grains vitreux durs (HVK), le poids au boisseau, les grains fusariés et la vomitoxine. Quelques producteurs ont mentionné qu'il serait avantageux que le programme comporte les mêmes facteurs de classement que ceux utilisés par les silos à grains ou les acheteurs des États-Unis, en expliquant que les différences entre les systèmes de classement font en sorte qu'ils ont beaucoup de difficulté à utiliser le grade non officiel établi dans le cadre du Programme d'échantillons de récolte en guise de référence aux fins de comparaison.

Fournir des enveloppes supplémentaires

Une autre recommandation vise à permettre aux gros producteurs et à ceux qui cultivent plusieurs variétés d'un produit de soumettre plus de huit enveloppes d'échantillons et accorder aux producteurs une plus grande souplesse pour déterminer les échantillons qu'ils soumettent (9 %).

Parmi les autres suggestions, mentionnons rendre les grades du Programme d'échantillons de récolte officiels (6 %) et réduire le délai d'exécution afin que les résultats soient plus utiles aux producteurs sur le plan de la commercialisation (6 %).

Les producteurs inscrits au programme, mais qui n'ont jamais soumis d'échantillons, ont suggéré le plus souvent :

  • que l'on reporte l'échéance à la fin novembre pour tenir compte d'une récolte tardive (27 %);
  • que l'on permette aux producteurs de soumettre plus de huit enveloppes (18 %);
  • que l'on étende la portée des tests (p. ex. effectuer des tests concernant l'avoine, l'épeautre d'hiver, la germination et les maladies) (18 %);
  • que l'on améliore l'accessibilité des résultats (18 %). 
Efficacité de la conception et de l'exécution du programme pour répondre aux besoins des bénéficiaires externes

Une vaste majorité de bénéficiaires externes sont satisfaits des services et des renseignements qu'ils reçoivent du Programme d'échantillons de récolte (100 % des associations de producteurs et de l'industrie, 100 % des acheteurs internationaux et 77 % des sociétés céréalières et des acheteurs nationaux). L'ensemble des associations et des acheteurs internationaux et 77 % des entreprises céréalières ont déclaré que le contenu des rapports sur la qualité des récoltes était pertinent pour leurs besoins.

Le format et la prestation des rapports sur la qualité des récoltes et des renseignements de la Commission canadienne des grains répondent aux besoins des associations de producteurs et de l'industrie et des acheteurs de grains (75 % des associations et 69 % des sociétés céréalières). Les acheteurs internationaux consultent le plus souvent les rapports annuels sur la qualité des récoltes de la Commission canadienne des grains dans le cadre de missions d'Équipe Canada concernant de nouvelles récoltes (87 %) ou à partir du site Web de la Commission canadienne des grains (67 %). Quelques acheteurs internationaux ont mentionné qu'ils obtenaient l'information de vendeurs de grains, de courtiers ou d'autres intermédiaires. La plupart des acheteurs internationaux préfèrent obtenir l'information en personne, et affirment qu'ils la trouvent plus éducative, que la présentation comporte généralement des renseignements plus détaillés et que la possibilité de poser des questions aux scientifiques leur permet de comprendre les données techniques. Certains acheteurs internationaux ont déclaré que le site Web était pratique et qu'ils appréciaient les mises à jour, mais qu'ils aimeraient que la mise à jour de l'information soit plus normalisée et régulière ou que les mises à jour leur soient transmises par courriel afin qu'ils ne manquent pas les renseignements.

Le moment de la production des rapports annuels sur la qualité de la Commission canadienne des grains convient davantage aux besoins des acheteurs et des transformateurs internationaux qu'à ceux des intervenants nationaux. Les trois quarts des acheteurs et des transformateurs internationaux (75 %) ont déclaré que les rapports étaient publiés en temps opportun en fonction de leurs besoins, comparativement à près de la moitié (46 %) des sociétés céréalières et des acheteurs nationaux. Environ 40 % des sociétés céréalières et des acheteurs nationaux et 38 % des associations de producteurs et de l'industrie déclarent qu'ils préféreraient que les rapports soient publiés plus tôt. Les associations de producteurs et de l'industrie ont affirmé qu'afin de s'assurer que les rapports sont exacts et qu'ils tiennent compte des récoltes complètes, la Commission canadienne des grains pourrait publier d'abord un rapport préliminaire, puis des mises à jour et ensuite un rapport final. Compte tenu de la nature de la méthode d'échantillonnage, on ne pourrait peut-être pas publier les rapports assez tôt pour qu'ils éclairent les stratégies de commercialisation des intervenants nationaux. Étant donné que ces derniers s'appuient principalement sur leur propre échantillonnage et leurs propres analyses pour éclairer leurs stratégies de commercialisation, et qu'ils utilisent les rapports de la Commission canadienne des grains pour bien comprendre les caractéristiques liées à l'approvisionnement national et à la qualité pour la campagne de récolte et pour comparer les données selon les années et les régions, cela ne pose pas de problème important à l'industrie.

L'élargissement et la diversification de la collecte d'échantillons dans le cadre du Programme d'échantillons de récolte (p. ex. au moyen de partenariats avec des groupes de producteurs comme les Western Canadian Wheat Growers, Pulse Canada et la Canadian Canola Growers Association) ou la modification de la méthode et de la portée du programme (p. ex. en publiant des renseignements concernant l'orge fourragère d'exportation, en adoptant un échantillonnage plus ciblé et précis, etc.) rendraient également le programme plus pertinent par rapport aux besoins des associations de producteurs et de l'industrie, des sociétés céréalières et des acheteurs. À cette fin, les associations de producteurs et de l'industrie (38 %) et les sociétés céréalières (30 %) ont suggéré que l'on accroisse la sensibilisation et la promotion des rapports et des renseignements de la Commission canadienne des grains pour favoriser la participation des producteurs et la diffusion des rapports. Les sociétés céréalières ont souligné qu'il était nécessaire de renforcer la sensibilisation et la promotion auprès des intervenants nationaux, notamment des producteurs. Les représentants des associations de producteurs et de l'industrie et des acheteurs de grains croient également que l'on devrait intensifier les efforts afin de veiller à ce que les résultats du Programme d'échantillons de récolte soient plus accessibles pour les membres et les autres intervenants. Les représentants ont proposé que l'on offre des copies papier des rapports sur la qualité des récoltes ou que l'on envoie directement par courriel les résultats et des copies des rapports aux producteurs, aux associations de producteurs et de l'industrie et aux sociétés céréalières.

Les acheteurs internationaux ont affirmé que les renseignements et les rapports annuels du Programme d'échantillons de récolte et de la Commission canadienne des grains sur la qualité des récoltes pourraient être renforcés grâce à :

  • une meilleure collaboration entre l'Institut international du Canada pour le grain et la Commission canadienne des grains;
  • la mise en place d'un système de notification concernant l'affichage de nouveaux renseignements ou la révision des normes de classement;
  • l'inclusion d'un test de cuisson de pain de blé entier;
  • des renseignements supplémentaires au sujet du rendement selon la variété et de la fonctionnalité liée à l'utilisation finale.
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