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Le blé canadien



Le classement du blé au Canada

Une taille, une forme et une couleur déterminées sont réservées à chacune des classes de blé cultivé dans l’Ouest du Canada (Fig. 1). Dans l’Ouest canadien, l’une des exigences obligatoires pour obtenir l’enregistrement d’une variété de blé est qu’elle doit avoir l’apparence visuelle réservée à la classe à laquelle elle est admissible. Cette caractéristique unique du système de classement du blé canadien est appelée distinction visuelle des grains (DVG). La DVG permet de préserver les caractéristiques distinctives des classes de blé facilement et économiquement à l’échelle du système de manutention. Elle préserve les attributs uniques de chaque classe; le mélange des classes débouche sur un produit dont la valeur technologique est moindre. Dans l’Est du Canada, la DVG n’est pas une exigence sauf en ce qui concerne l’enregistrement dans la classe du blé blanc d’hiver de l’Est (CEWW).

Chacune des classes de blé cultivé dans l’Ouest du Canada

Figure 1. Chacune des classes de blé cultivé dans l’Ouest du Canada possède une taille, une forme et une couleur particulières pour faciliter la distinction visuelle. De gauche à droite : blé roux de printemps de l’Ouest canadien, blé rouge d’hiver de l’Ouest canadien, blé extra fort de l’Ouest canadien, blé roux de printemps Canada Prairie, blé blanc de printemps Canada Prairie, blé tendre blanc de printemps de l’Ouest canadien et blé dur ambré de l’Ouest canadien.

La condition physique est un déterminant principal de la valeur technologique du blé. La condition physique est déterminée principalement par les conditions de croissance. Au Canada, le blé est classé en fonction de normes de grade établies par la Commission canadienne des grains (2003a). Les normes de grade sont fixées en vue d’atténuer les différences de qualité d’année en année. La quantité de blé classée dans les grades supérieurs sera moindre les années où les conditions de croissance ne sont pas idéales, mais la qualité d’une classe et d’un grade donnés sera comparable à celle des années précédentes (Preston et al., 1988).

Les définitions de grade sont établies aux termes du Règlement sur les grains du Canada selon les directives de la Commission canadienne des grains. Des tableaux de caractéristiques présentent la structure permettant d’attribuer des grades aux grains. Les caractéristiques comprennent des facteurs tels que le poids spécifique minimum, et les seuils de tolérance maximaux pour des facteurs tels que les matières étrangères, les classes contrastantes de blé, les grains endommagés et les grains cassés. Il existe deux ensembles de normes : les normes primaires et les normes d’exportation. Les normes primaires sont utilisées pour classer le blé au moment de la livraison dans les installations de stockage du grain, incluant les terminaux d’exportation. Avant l’arrivée aux terminaux, la majeure partie du classement est effectuée par des sociétés privées de manutention du grain. Tout le blé livré dans les terminaux d’exportation est classé à l’arrivée, ou a déjà été classé auparavant, par la Commission canadienne des grains. Le grade attribué à un lot par la Commission canadienne des grains sert de base à l’établissement du paiement.

Les normes d’exportation sont utilisées pour classer le blé destiné à l’exportation par navire. La Commission canadienne des grains a l’entière responsabilité du classement des cargaisons destinées à l’exportation à partir des silos terminaux. Certains facteurs, comme les matières étrangères et les classes contrastantes, sont assortis de tolérances plus strictes pour les normes d’exportation que pour les normes primaires. Les Tableaux 1 et 2 montrent d’importantes normes de grade pour l’exportation du blé roux de printemps de l’Ouest canadien (CWRS) et du blé dur ambré de l’Ouest canadien (CWAD), les deux plus grandes classes de blé cultivé au Canada. Toutes les normes de grades primaires et d’exportation de la Commission canadienne des grains, les définitions des divers types de dommages, et les méthodologies utilisées par les inspecteurs de la Commission canadienne des grains sont décrites dans le Guide officiel du classement des grains (CCG 2003a) que l’on peut consulter sur le site Web de la Commission canadienne des grains à l’adresse suivante : www.grainscanada.gc.ca.

Tableau 1. Tolérances pour certains facteurs déterminants du grade1 d’exportation pour le blé roux de printemps de l’Ouest canadien. ¹
Facteur déterminant CWRS no 1 CWRS no 2 CWRS no 3
¹ Les tolérances visent la campagne agricole 2003-2004.On trouvera la liste complète des déterminants des grades primaires et d’exportation de la Commission canadienne des grains dans le Guide officiel de classement des grains (CCG 2003a).
² K = nombre de morceaux de la grosseur d’un grain par 500 g.
Poids spécifique, kg/hL 79,0 77,5 76,5
HVK, % 65 35 --
Autres classes, % 1,5 (incluant 0,5 % des classes contrastantes) 3,0 (incluant 1,5 % des classes contrastantes) 5,0 (incluant 2,5 % des classes contrastantes)
Ergot, % 0,01 0,02 0,04
Total, matières étrangères % 0,4 0,75 1,25
Grains échaudés, % 4,0 4,0 4,0
Grains fusariés, % 0,25 1,0 2,0
Fortement germés, % 0,1 0,2 0,3
Total de grains germés, % 0,5 1,0 3,0
Grains cariés, % 30K ² 1,0 5,0
Tableau 2. Tolérances pour certains facteurs déterminants du grade1 d’exportation du blé dur ambré de l’Ouest canadien. [1]
Facteur déterminant CWAD no 1 CWAD no 2 CWAD no 3 CWAD no 4
Poids spécifique, kg/hL 80,0 79,5 78,0 75,0
HVK, % 80 60 40 --
Autres classes, % 2 2,5 3,5 10,0
Ergot, % 0,01 0,02 0,04 0,04
Total, matières étrangères, % 0,5 0,8 1,0 3,0
Grains cassés, % 3,0 3,0 3,0 3,0
Grains fusariés, % 0,5 0,5 2,0 2,0
Fortement germés, % 0,1 0,2 -- --
Total de grains germés, % 0,5 2,0 8,0 12,0
Grains cariés, % 30K ² 1,0 3,0 --
[1] Les tolérances visent la campagne agricole 2003-2004.On trouvera la liste complète des déterminants des grades primaires et d’exportation de la Commission canadienne des grains dans le Guide officiel de classement des grains (CCG 2003a).
[2] K = nombre de morceaux de la grosseur d’un grain par 500 g.

On trouve par ailleurs une caractéristique liée à la condition générale du grain associée à chacun des grades de blé. Par exemple, la condition générale du grain pour le CWRS no 1 est définie comme suit « raisonnablement bien mûri, raisonnablement exempt de grains endommagés », pour le CWRS no 2, elle se définit comme « passablement bien mûri, peut être modérément délavé ou atteint par la gelée, raisonnablement exempt de grains fortement endommagés » et pour le CWRS no 3, elle se définit comme « peut être atteint par la gelée, immature ou abîmé par les intempéries, modérément exempt de grains fortement endommagés ». Ces définitions font appel à des facteurs tels que dommages attribuables à la gelée, mildiou et degré de maturité, qui sont difficiles à évaluer avec objectivité. Des échantillons-types sont préparés à titre d’aides visuelles pour avoir accès à la condition générale du grain. La Commission canadienne des grains prépare des échantillons types chaque automne après la récolte pour refléter l’apparence visuelle associée aux conditions de croissance de la récolte la plus récente. La Commission canadienne des grains présente les échantillons types au Comité de normalisation des grains de l’Ouest et au Comité de normalisation des grains de l’Est, formés de producteurs, d’exportateurs, de transformateurs et de spécialistes scientifiques et techniques en vue d’obtenir leur approbation. Une fois approuvés, ils sont distribués dans les bureaux de la Commission canadienne des grains, ainsi que dans les bureaux d’inspection des sociétés céréalières privées.

Une caractéristique importante des normes de classement pour toutes les classes de blé de l’Ouest canadien, ainsi que pour le CEWW de l’Est du Canada, est la désignation de la variété. Cette désignation fait référence au processus d’enregistrement très strict de la variété qui prévaut au Canada, processus que nous aborderons en détail plus loin. Les seules variétés admissibles dans les grades meuniers des classes de blé canadien associées à une désignation de variété sont celles dont l’aptitude technologique s’est révélée conforme au modèle de qualité établi pour la classe. Dans la plupart des cas, la variété désignée s’établit comme « toute variété égale à des variétés témoins acceptables », mais en ce qui concerne certaines classes, une variété désignée dispose d’une appellation précise. C’est le cas par exemple de la variété désignée pour les grades meuniers de CWRS qui s’établit comme « toute variété de blé roux de printemps égale ou supérieure à Neepawa ». D’autres exemples de variétés disposant d’une appellation précise à titre de norme de qualité sont la variété Hercules, tant pour le CWAD que pour le blé dur ambré de l’Est canadien et la variété Glenlea pour le blé extra fort de l’Ouest canadien (CWES). La variété désignée fait en sorte que la qualité intrinsèque soit la même pour tous les grades à l’intérieur d’une classe donnée. Les différences du point de vue de l’aptitude technologique entre les grades meuniers sont ainsi uniquement attribuables aux tolérances de grade, et aux différences du point de vue de la teneur en protéines.

Le système de classement du blé canadien repose sur une structure scientifique sous jacente. Le Laboratoire de recherches sur les grains (LRG), la direction scientifique de la Commission canadienne des grains, et les Services à l’industrie, la direction de la Commission canadienne des grains responsable de l’établissement des normes de grade, effectuent des analyses des répercussions sur la qualité à l’utilisation finale des facteurs de classement utilisés au Canada, afin que les tolérances pour les grades puissent être fixées de façon réaliste (Dexter et Edwards 1998a, 1998b).

La combinaison d’exigences strictes du point de vue de la variété du blé et d’un système de classement reposant sur des éléments scientifiques établit un lien direct entre l’apparence visuelle et l’aptitude technologique des classes de blé canadien avec la variété désignée. Ce lien, utilisé de concert avec la DVG, permet d’effectuer rapidement et efficacement la ségrégation du blé canadien en fonction du potentiel de transformation.

Pendant toute la durée du chargement à partir d’un silo terminal, la Commission canadienne des grains procède à l’échantillonnage et au classement continu du grain et en certifie la pesée. La Commission canadienne des grains a établi un protocole de chargement strict qui doit être respecté. Le blé doit demeurer en tout temps à l’intérieur des normes d’exportation établies pour le grade commandé. Une fois que le blé a été chargé, la Commission canadienne des grains délivre un certificat final attestant le grade et le poids exact de la cargaison. Le certificat final est la garantie du client qu’en cas de différend concernant la quantité ou la qualité d’une cargaison, la Commission canadienne des grains fera enquête.